D’après ces sources, le président Bush a signé une
« directive présidentielle non létale » activant un plan de la CIA portant sur une campagne coordonnée de propagande, de désinformation et de manipulation de la monnaie iranienne et de transactions financières internationales iraniennes.
Selon ces fonctionnaires, le plan vise à faire pression pour que l’Iran stoppe son programme d’enrichissement d’uranium et arrête d’aider la résistance en Irak. Pour eux cela veut dire que pour le moment l’Administration Bush a décidé de ne pas déclancher l’option militaire contre l’Iran.
« Le Vice Président Dick Cheney a aidé à diriger le camp favorisant une attaque militaire» a dit Riedel un ancien fonctionnaire de la CIA
« mais je pense qu’ils sont arrivés à la conclusion qu’une attaque militaire avait plus d’inconvénients que d’avantages ». Selon Riedel, la pression économique et le fait de faire la chasse aux comptes secrets utilisés pour financer le programme nucléaire pourrait s’avérer plus efficace. Pour lui,
«les opérations que doivent mener les gardes de la révolution iranienne pour acquérir des composants nucléaires et pour les missiles, sont probablement très secrètes et il va falloir travailler très, très dur pour les trouver et c’est exactement le genre de chose que le centre de non prolifération de la CIA et d’autres s’emploieront à tracer. »
La mention
« non létal » implique que la CIA ne doit pas utiliser de moyens pouvant entraîner la mort lorsqu’elle mène des opérations contre l’Iran. Mais certains craignent que ces opérations non létales fassent courir des risques importants, puissent entraîner des représailles de la part de l’Iran et provoquer l’escalade de la tension déjà très importante entre l’US et l’Iran.
D’autres directives présidentielles
« létales » ont autorisé des opérations contre al Qaeda, le terrorisme et la prolifération nucléaire.
Ce plan a été approuvé en particulier par Eliot Abrams le vice conseiller à la sécurité nationale, un néo con sioniste infiltré au cœur des décisions prises aux US en matière de politique internationale et plus particulièrement en ce qui concerne le Moyen Orient. Celui-ci est activement impliqué dans des plans pour tenter de fomenter des guerres civiles dans les pays arabes (Liban, Irak, Palestine, grand adepte du clash shi’ite sunnite, entre autres), un homme ultra dangereux pour la paix mondiale. Expert dans ce type d’opérations de déstabilisation, Abrams a déjà été condamné pour des tentatives de déstabilisation d’un gouvernement étranger. Il a plaidé coupable en octobre 1991 d’avoir fait de la rétention d’information devant le Congres US concernant les actions de l’Administration Reagan pour déstabiliser le gouvernement sandiniste du Nicaragua an Amérique Centrale, affaire connue sous le nom de l’Iran-Contra. Il a bénéficié du pardon de Bush père en décembre 1992. En juin 2001, il a été nommé par la conseillère à la sécurité nationale de l’époque Condoleezza Rice à la tête du bureau du Conseil de la Sécurité Nationale pour la démocratie, les droits de l’homme et les opérations internationales. En février 2005, il a été nommé par le conseiller à la Sécurité Nationale Hadley un autre néo con, vice assistant du président et vice conseiller à la Sécurité Nationale pour la stratégie mondiale sur la démocratie, l’un des plus haut poste en matière de Sécurité Nationale.
Des opérations clandestines menées par un groupe tribal (tribu des Baluchis) pakistanais le Jundullah sont également soutenues en coulisse par Washington. Ce groupe a mené des raids meurtriers à l’intérieur de l’Iran à partir de bases situées dans la province du Baloutchistan au Pakistan à proximité de la frontière poreuse entre l’Iran le Pakistan (et aussi l’Afghanistan). Bien que niant toute aide financière directe au groupe de Jundullah, Washington reconnaît qu’ils sont en contact régulier avec des fonctionnaires US. Selon des sources du renseignement US, Jundullah a reçu de l’argent et des armes par le biais des services de l’armée afghane et du Pakistan ainsi que des renseignements pakistanais.
Dimanche dernier la TV iranienne a rapporté que les autorités iraniennes avaient procédé à l’arrestation de 10 hommes transportant 500 000 $ en espèces ainsi que des cartes de sites sensibles et des équipements moderne pour espionner. Selon un fonctionnaire pakistanais, il s’agissait de membres de Jundullah qui recrute et entraîne des
« centaines » d’hommes pour
« des missions non spécifiées » en territoire iranien.
Il existe des arrangements entre Washington et ces mercenaires Jundullah qui fait que l’aide américaine ne leur est pas directement fournie puisque cela impliquerait un ordre officiel du président US ainsi qu’une supervision du Congres. Selon ABC News qui a interrogé des hommes de cette tribu, l’argent pour ces opérations clandestines est transmis au jeune dirigeant Abd el Malk Regi, via des exilés iraniens qui ont des connections avec des états européens et du Golfe. Selon un haut responsable du contre terrorisme au centre US Nixon, Alexis Debat, Regi est pour partie un trafiquant de drogue, et pour partie un activiste sunnite. Il commande actuellement une force de plusieurs centaines de mercenaires tribaux qui mènent des attaques en territoire iranien, contre des soldats et officiers de la garde révolutionnaire iranienne. En début d’année certains d’entre eux ont été capturés et la TV iranienne a publié leurs « confessions » confirmant leur appartenance au groupe Jundullah, et leur entraînement dans un endroit secret au Pakistan. Cette nouvelle a été passée à la TV iranienne avec en toile de fond le logo de la CIA que les iraniens ont accusé d’être responsable de ces opérations.
Pour certains ex fonctionnaires de la CIA ces arrangements rappellent effectivement l’utilisation par le gouvernement US de groupes armés comme proxy, financés par d’autres pays dont l’Arabie Saoudite, pour déstabiliser. A l’époque, dans les années 80 c’est le gouvernement du Nicaragua qui était visé, aujourd’hui c’est le régime de Téhéran. Gare aux effets boomerang.
Sources de certaines informations ABC News ( 22/05/07 – 03/04/07)
Traduction synthèse Mireille Delamarre pour www.planetenonviolence.org
L'Administration Bush soutient les djihadistes au Liban