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Nucléaire

Armes nucléaires US en Europe

Les Etats-Unis ont actuellement environ 480 bombes nucléaires déployées en Europe. Ces armes nucléaires sont stockées sur 8 bases nucléaires situées pour la plupart en Europe du nord. Toutes sont des bombes nucléaires de type B 61 (puissance minimum équivalente à 13 bombes d’Hiroshima pour chacune d’elle). A cela il faut ajouter 4 autres bases militaires, dont 3 situées dans l’est méditerranéen où les armes nucléaires ont été retirées, mais qui pourraient être rapidement redéployées si nécessaire.



Armes nucléaires US en Europe

Armes nucléaires US en Europe

Toutes ces armes nucléaires sont des bombes de type B 61 -3, -4, et -10. L’Allemagne reste le pays le plus nucléarisé avec 3 bases nucléaires (dont deux sont totalement opérationnelles) et pourrait stocker jusqu’à 150 bombes. En Grande Bretagne, la base de la Royal Air Force de Lakenheath stocke 110 bombes nucléaires, un nombre considérable dans une région où la principale menace - l’ex Union Soviétique- a disparu. L’Italie et la Turquie abritent chacune 90 bombes, tandis que 20 bombes sont stockées en Belgique et en Hollande (voir la carte ci dessus).

Ainsi donc, le nombre actuel d’armes nucléaires US stockées en Europe est plus élevé que l’arsenal total de la Chine à elle seule – et le niveau de cette force nucléaire actuelle, hors territoire US, (les premières bombes nucléaires US ont été déployées en 1954) a été établi sous l’administration Clinton en 1994 et 2000. L’un des derniers actes du président Clinton a été de signer la Directive Présidentielle / NSC -74 en novembre 2000, qui autorisait le département de la défense à déployer 480 bombes nucléaires en Europe. On ne pense pas que l’administration Bush ait remplacé cette directive.

Ces armes nucléaires déployées comprennent probablement les 3 versions des B 61 : B 61-3, B 61-4, et B 61-10. Les B61-3 et B61-4 ont été construites en 1979 et 1989, tandis que la
B 61-10 est une tête nucléaire Pershing II reconvertie. Leurs charges varient entre 45 kilotonnes (B 61-4) jusqu’à 170 kilotonnes (B 61-3).

Ces 480 bombes nucléaires déployées en Europe représentent plus de 80 % de toutes les bombes nucléaires B 61 tactiques stockées des US. Il n’existe pas d’autres armes nucléaires US déployées à l’exception des missiles balistiques des sous marins nucléaires. Il y a en plus en réserve 436 bombes nucléaires dit de statut inactif mais qui pourraient être réactivées rapidement si nécessaire et rajoutées aux stocks de bombes nucléaires actives.

Environ 300 des 480 bombes nucléaires US stockées en Europe ou en rotation à travers les bases US peuvent être transportées et larguées par des avions de combat US F-15 E et F-16C/D (chacun capable respectivement d’en transporter jusqu’à 5 et 2 bombes B 61 ). Le reste, 180 bombes nucléaires, est destiné à être délivré par des avions militaires de 5 pays de l’OTAN, dont la Belgique, la Hollande, les avions turcs F-16, et les Tornado PA-200 allemands et italiens (chacun pouvant transporter 2 bombes nucléaires).

Si on analyse le déploiement de ces armes nucléaires US on constate que le plus grand nombre de ces bombes nucléaires est stocké sur des bases situées dans le nord de l’Europe (300, soit plus de 62%). Plus de 83 %, 110 des 132 espaces réservés au stockage, de la base de la Royal Air Force en Grande Bretagne à Lakenheath est occupé par ces bombes, alors que la « menace » soviétique a disparu. Les 180 bombes nucléaires restantes sont stockées près du théâtre d’éventuelles opérations, « la nouvelle menace », qui préoccupe l’OTAN, sur des bases dans le sud.

Certaines armes nucléaires retirées de deux bases en Allemagne, deux bases en Turquie et sur une base en Italie dans le milieu des années 90, n’ont pas été rapatriées aux US, mais transférées sur la principale base US dans ces pays. En Allemagne, elles ont été transférées des bases aériennes allemandes de Memmingen et Nörvenich vers la base US de Ramstein. En Turquie, elles ont été transportées de la base aérienne d’Akinci et Balikesir vers Incirlik. Ces transferts semblent découler d’un plan constant : ne pas rapatrier ces bombes vers le territoire US, continuer de les stocker en Europe mais sur des bases américaines opérationnelles. Malgré cela, ces bombes continuent d’apparaître comme faisant partie du stock des pays hôtes et devant être délivrées si nécessaire par ces pays.

En ce qui concerne la base aérienne de Ghedi Torre en Italie, la situation est particulièrement intéressante parce que la capacité de stockage d’armes nucléaires de cette base est pratiquement le double de celles des bases nationales. Plus de 90% de l’espace de stockage est occupé. C’est le seul cas en Europe ou une base militaire nationale stocke plus de 20 bombes nucléaires. La moitié de ces armes nucléaires était auparavant stockées sur la base aérienne de Rimini, dont les opérations nucléaires ont été arrêtées en 1993.

Le déploiement des armes nucléaires US sur le territoire de pays européens se fait dans le cadre d’accords nucléaires secrets entre les US et chaque pays hôte ou pays utilisateur. Ces accords nucléaires se répartissent en trois catégories :

L’Accord de Stockage Atomique est un accord bilatéral entre le gouvernement des US et une nation utilisatrice. Il règle l’introduction et le stockage dans le pays, la garde, la sécurité, la sûreté et le déploiement des armes de même que le partage des frais.

L’Accord de Coopération Atomique est un accord bilatéral entre le gouvernement des US et une nation utilisatrice qui est établi dans le cadre d’un « échange d’information nucléaire utile pour des objectifs mutuels de défense. »

L’Accord de Niveau de Service est un accord bilatéral technique entre les services de l’armée US et la nation utilisatrice. Il met en application l’accord de stockage de gouvernement à gouvernement et fournit des détails pour le déploiement nucléaire et l’utilisation et définit les responsabilités conjointes et individuelles.

Des Accords de « stockage par un tiers » sont des accords au niveau des gouvernements entre les US, une troisième nation et une nation utilisatrice. Ils définissent le stockage d’armes nucléaires à l’intérieur du territoire d’une troisième nation pour l’utilisation par des forces d’une nation utilisatrice affectées à l’OTAN.

Entre 1952 et 1968, Un total de 68 accords nucléaires individuels ont été signé entre les US et 9 pays de l’OTAN. En 1978, 53 de ces accords restaient actifs, dont 9 accords techniques de service à service régissant le déploiement de bombes nucléaires de l’armée de l’air US dans les pays suivants : la Belgique, le Canada, l’Allemagne, la Grèce, l’Italie, la Hollande, la Turquie et la Grande Bretagne. Le Canada a quitté le club nucléaire officiel de l’OTAN en 1984, suivi, semble-t-il, de la Grèce en 2001. Par conséquent, les accords nucléaires sont actuellement effectifs pour 6 pays de l’OTAN : la Belgique, l’Allemagne, l’Italie, la Hollande, la Turquie, et la Grande Bretagne. Les codes pour certains de ces accords techniques pour les pays de l’OTAN qui stockent actuellement des armes nucléaires US sont connus : Pine Cone (Aiguille de Pin) pour la Belgique, Toolchest (Caisse à Outils) pour l’Allemagne, Stone Ax (Hache de Pierre) pour l’Italie, et Toy Chest (Coffre à Jouets) pour la Hollande.

Ces bombes nucléaires B 61 sont stockées en Europe dans ce qui est connu comme le WS3 (Weapon Storage Security System) Système de Sécurité de Stockage d’Armes. Ce système permet le stockage souterrain d’armes dans des caves (WSV : Weapon Storage Vaults) conçues à cet effet et qui se trouvent sur chaque base à l’intérieur des abris individuels protégeant les avions. Il en existe actuellement 204 WSV en Europe avec une capacité totale de stockage de 816 armes nucléaires (soit environ une capacité double du nombre de bombes nucléaires déployées). Ce programme de stockage WSV a démarré en 1976, mais la phase opérationnelle a véritablement commencé en 1988, c’est Bechtel International Inc. qui a bénéficié du contrat pour la construction de ces caves de protection.

Certains sites ayant cessé de fonctionner ou ayant été fermés, la distribution géographique du système de WS3 en Europe a changé avec une diminution dans le nord de l’Europe et une augmentation en région sud, bien qu’actuellement encore 2/3 de la capacité des WS3 se trouve en Europe du nord.

Bien que l’armée de l’air US considère ce système dispersé de stockage de bombes nucléaires à l’intérieur des hangars de protection des avions de combat comme étant sûr, remplissant toutes les normes de sécurité, néanmoins, le fait de stocker des armes nucléaires à proximité de réservoirs de fuel pour les avions de combat et de stocks de munitions soulève de sérieux problèmes. Pour assurer la séparation entre les WSV et des produits et munitions hautement inflammables, les WSV doivent être, dans des circonstances normales, constamment fermés et des limites ont été fixées quant à la quantité de matériel explosif pouvant être stockée à proximité, et la distance réglementaire à observer pour cette proximité.

WS3, ce système de protection, continue d’être amélioré et modernisé régulièrement, signe que l’OTAN envisage de conserver les armes nucléaires US sur le territoire des pays européens concernés pendant encore des années. Le coût total de maintenance de stockage d’armes nucléaires US en Europe n’est pas connu. Une estimation approximative parle d’un coût total de 10,2 millions de dollars. Les US cherchent à faire participer les états européens concernés aux coûts de maintenance et de modernisation.

Ces dernières années, les armes nucléaires US B 61 déployées en Europe ont été modifiées et équipées de nouvelles capacités. En 2002, le SNL (Sandia National Laboratories) les laboratoires nationaux Sandia ont effectués des changements complets sur toutes les B 61 -3, -4 et -10 stockées en Europe, principalement pour améliorer le système de commande et de contrôle de ces armes nucléaires. Ces améliorations permettent de simplifier la logistique d’utilisation de ces armes nucléaires, plus de flexibilité et de rapidité dans la maintenance et l’armement de ces bombes nucléaires.

Histoire des armes nucléaires US déployées en Europe

L’actuel déploiement d’armes nucléaires US en Europe et sa justification sont le résultat de 50 ans de politique nucléaire US. Le premier déploiement d’armes nucléaires US en Europe s’est effectué en septembre 1954, quand les premières bombes sont arrivées en Grande Bretagne. Puis les 10 années suivantes des armes nucléaires ont été déployées en Allemagne, en Italie, en France, en Turquie, en Hollande, en Grèce, et en Belgique. En 1970 on a atteint un pic de déploiement d’armes nucléaires avec 7300 têtes nucléaires déployées en Europe. Puis la quantité d’armes nucléaires déployées a progressivement diminué. La plupart des gouvernements ont justifié ces déploiements d’armes nucléaires sur leurs territoires.

Entre 1975 et 1980 la diminution des stocks a commencé. L’arsenal a été réduit de 1000 têtes nucléaires, parallèlement à celle des armes nucléaires US stockées dans le Pacifique. Lorsque la guerre a éclaté entre la Turquie et la Grèce en juillet 1974, le gouvernement US s’est inquiété de savoir si les armes nucléaires stockées dans ces deux pays étaient en sécurité, ce qui n’était pas le cas concernant l’une des bases aériennes. Selon le directeur des systèmes de commande et de contrôle de l’époque, Thomas C. Reed :

« Les troupes de l’armée locale, se tenant en dehors de la clôture voulaient rentrer. Leurs compatriotes de l’armée de l’air à l’intérieur voulaient qu’ils restent à l’extérieur. Les bombes atomiques positionnées sur des avions de combat en état d’alerte ont été précipitamment ramenées dans leurs bunkers, tandis que les commandants qui s’opposaient discutaient sous un drapeau blanc. Bientôt les deux camps sont partis dîner ensemble, mais pendant toute la durée de cet évènement nous avons retenu notre respiration. »

Lors du coup militaire en Grèce en 1967, des craintes ont été soulevées concernant la sécurité de ces stockages de bombes nucléaires. Idem lors de ce conflit entre la Grèce et la Turquie ce qui a poussé les US a retirer leurs bombes nucléaires des avions de combat turcs et grecs en alerte ainsi que les têtes nucléaires au main des unités de lancements de missile des Nike Hercule grecs, et de les transférer dans la zone de stockage. La Grèce a pris cela comme un mouvement pro turc de la part de l’OTAN et a répondu en retirant ces troupes placées sous le commandement militaire de l’OTAN. Sur ces incidents qui auraient pu mal tourner, rien publiquement n’a transpiré, l’OTAN s’étant bien gardé de le mentionner dans son communiqué final en décembre 1974.

Les US via l’OTAN ont continué à réduire ces stocks d’armes nucléaires. Une décision de l’OTAN d’octobre 1983 prévoyait le retrait de 1 400 têtes nucléaires pendant les 7 années suivantes. 1000 têtes nucléaires ayant déjà été retirées, c’est au total 2 400 bombes nucléaires qui le seraient au terme de ces 7 années, soit fin 1988. Un an avant cette date, en décembre 1987, les US et l’Union Soviétique se sont mis d’accord pour éliminer les armes nucléaires basées au sol de portée intermédiaire et plus courte (entre 500 et 5 500 Kms). Ce traité connu sous le nom d’INF est rentré en vigueur en juin 1988, avec comme date butoir juin 1991. Parallèlement à ces réductions, le Pentagon a annoncé en 1990 la fermeture ou le réalignement d’environ 80 bases militaires dans le monde entier dont deux (Erhac/Malatya et Eskisehir) en Turquie là où étaient stockées des bombes nucléaires à disposition de l’armée de l’air turc pour utilisation. Mais deux centres de stockages de bombes nucléaires sont restés actifs sur deux autres bases turques (Murted et Balikesir).

En mai 1990, l’OTAN a annoncé que le nombre des armes nucléaires des US en Europe avait été réduit d’un tiers depuis 1980, passant de 6000 têtes nucléaires à environ 4 000.

Apres la chute du mur de Berlin, l’effondrement de l’Union Soviétique, en 1991 il restait 2 500 armes nucléaires US en Europe, dont 1500 bombes nucléaires à délivrer par air. Les Etats-Unis avaient en plus 17 000 armes nucléaires en dehors de l’Europe. Mais la politique nucléaire des US en Europe via l’OTAN restait la même malgré les changements géopolitiques liés à l’effondrement de l’Union Soviétique.

On peut se demander pourquoi l’OTAN, à cette époque n’a pas choisi d’éliminer toutes les armes nucléaires stationnées en Europe et qui constituaient jusqu’alors un « rempart dissuasif » contre les armes nucléaires de l’Union Soviétique. La raison fondamentale de l’OTAN pour exister venait de disparaître : défendre les pays de l’OTAN de la menace soviétique. L’OTAN a choisi de maintenir l’écran de stabilité de sécurité et de prestige constitué par cet arsenal nucléaire stocké en Europe, en réaffirmant aussi les principes de la nécessité d’avoir ces armes nucléaires dispersées sur le territoires de plusieurs pays pour maintenir l’unité de l’alliance, et comme méthode de « prévention » de guerres. Comme l’ont démontré ensuite les guerres interethniques dans les Balkans et celle contre la Yougoslavie, le déploiement de ces armes nucléaires US en territoire européen est pur non sens.

La guerre du Golfe de 1991 à la « périphérie « de la zone couverte par l’OTAN, va fournir à l’OTAN une justification pour conserver les armes nucléaires US en Europe. La découverte alors d’un programme avancé de développement d’ADM en Irak va fournir l’alibi nécessaire, puisque celles-ci semblaient « menacer » les capitales européennes. Presque aussitôt, le raisonnement justifiant le maintien des armes nucléaires US en Europe faisait son apparition : la lutte contre la prolifération des ADM, notamment celles détenues par les «états voyous ». Ce lien entre la lutte contre la prolifération des ADM et la persistance du stockage d’armes nucléaires US va se renforcer dans les années à venir.

Au début de la guerre du Golfe le 17 janvier 1991, on savait que l’Irak possédait des armes chimiques et bactériologiques et des missiles balistiques. L’administration US de Bush père a publiquement menacé de représailles nucléaires si Saddam Hussein utilisait ces armes chimiques et bactériologiques, détruisait les champs pétroliers du Koweït, ou soutenait des actions terroristes.

Déjà le 9 janvier 1991, lors d’une entrevue entre Tarek Aziz, alors ministre des affaires étrangères irakien, et le secrétaire d’état US de l’époque James Baker, ce dernier a remis une lettre à Aziz de la part du président Bush senior prévenant que :

«… Si des armes chimiques ou bactériologiques sont utilisées contre nos forces – le peuple américain demandera vengeance … Ce n’est pas une menace mais un engagement que s’il est fait un usage quelconque de telles armes, notre objectif ne sera pas seulement de libérer le Koweït, mais aussi de renverser l’actuel régime. »

Baker n’a pas mentionné explicitement l’utilisation d’armes nucléaires mais il a expliqué plus tard dans ses mémoires qu’il avait « laissé volontairement l’impression que l’utilisation d’agents chimiques ou bactériologiques par l’Irak serait une invitation à mener des représailles utilisant des armes nucléaires tactiques. »

Si Saddam Hussein n’a pas utilisé ce type d’arme, il a détruit les champs pétroliers du Koweït et les installations. Il semble que ce qui est agi sur Saddam Hussein ne soit pas tant la menace nucléaire que celle d’un changement de régime. En fait, avant le début de la guerre du golfe, le président Bush senior avait décidé de ne pas mené de représailles avec des ADM « Les forces US ne mèneront pas de représailles à l‘arme chimique ou bactériologique, ou avec l’arme nucléaire si les irakiens attaquent avec des armes chimiques. » Cette décision a été révélée dans le Washington Post deux jours avant la rencontre entre Baker et Aziz.

C’est probablement sur les conseils de Colin Powell chef d’état major des armes US à l’époque que Bush senior s’est abstenu. Powell avait ordonné, à la demande du secrétaire à la défense de l’époque Dick Cheney, une étude prospective sur la possibilité de frappes nucléaires contre l’Irak. Dans son livre « My American Journey « Powell confesse que « les résultats m’ont énervé… Pour causer des dommages sérieux à une seule division armée dispersée dans le désert, cela demanderait l’utilisation d’un nombre considérable de petites bombes nucléaires tactiques… Si j’avais des doutes avant cela sur la faisabilité d’utiliser des bombes nucléaires sur le champ de bataille, ce rapport les a renforcés » concluait Powell.

Dick Cheney quant à lui ne semble pas avoir été découragé par les résultats de ce rapport. En janvier 1991, alors que les forces armées US se massaient pour libérer le Koweït, il a conçu une politique secrète d’utilisation de l’arme nucléaire (Nuclear Weapons Employment Policy NUWEP) qui chargeait, selon ce qui a été rapporté, l’armée de planifier des opérations militaires contre des nations développant ou capable de développer des ADM. Malgré l’avis de Powell, le bureau de Cheney a publié en mars 1991 une estimation qui concluait que des forces stratégiques en particulier non nucléaires « ne pourraient assurer globalement un rôle plus étendu en réponse à la prolifération de la capacité nucléaire parmi les nations du tiers monde. »

Le 27 septembre 1991 le président Bush senior annonçait que les US retireraient leurs armes nucléaires tactiques au sol et celles à bord de la marine US dans le monde entier. En Europe c’est 2400 têtes nucléaires qui ont été retirées, mais il est resté 1400 bombes nucléaires à délivrer par air dans 7 pays européens. L’OTAN a soutenu publiquement cette initiative du gouvernement US, avec pour principal objectif de s’entendre sur le nouveau positionnement des forces et le niveau des stocks.

La menace venant de l’est disparue, il semblait que 1400 têtes nucléaires soient largement en excès par rapport aux besoins de la défense militaire. Il a été décidé de réduire à environ 700 le nombre de bombes nucléaires en Europe, tout en maintenant une politique de dissuasion par l’arme nucléaire contre une hypothétique guerre. Cette politique a été incorporée à la nouvelle stratégie approuvée par l’OTAN lors de la rencontre de Rome d’octobre 1991 qui a réaffirmé que « la présence des… forces nucléaires US en Europe reste vitale pour la sécurité de l’Europe. » Un article de la déclaration de l’OTAN « Sixteen Nations » (16 nations) explique plus en détail la pensée qui a prévalu lors de cette rencontre :

"Les forces nucléaires qui ne sont même plus définies comme «armes de dernier recours », ne sont pas considérée comme adéquate dans le cadre d’une gestion de crise immédiate, mais elles seront conservées, bien que réduites, comme l’assurance ultime contre des arsenaux nucléaires existants et de possibles nouveaux arsenaux d’autres pays. Comme pour les forces conventionnelles, il y a une insistance pour une implication commune, dans le maintien d’une planification alliée commune et d’un potentiel allié commun, principalement sous la forme d’avions à double capacité avec un soutien stratégique des 3 puissances nucléaires alliées (Les US, la Grande Bretagne, la France)."

Tout ceci n’explique pas la nécessité de maintenir ce déploiement d’armes nucléaires US en Europe, alors qu’il y a déjà celles de la Grande Bretagne et de la France, et les milliers d’autres des US.

Un document secret de l’OTAN de fin 1991, de 30 pages MC-400, fournit plus de détails sur la stratégie de l’OTAN concernant les forces nucléaires et conventionnelles dans le cadre de la période post guerre froide et des règles précises pour appliquer cette stratégie. Si la Russie restait une préoccupation, la prolifération d’ADM au Moyen Orient y reçoit une attention accrue. L’arsenal nucléaire de l’OTAN était principalement une arme politique, selon MC-400, il pourrait être utilisé sélectivement pour mettre fin à un conflit en confrontant l’attaquant à l’éventualité de payer un prix très élevé si la guerre continuait. Les armes nucléaires seraient utilisées spécialement lors d’une attaque initiale, de manière » limitée, discriminante et mesurée » comme stipule le document. Les cibles incluraient des objectifs militaires de haute priorité, spécialement sur le territoire national de l’ennemi, en utilisant soit des bombes nucléaires larguées par des avions de combat, ou des missiles à tête nucléaire lancés de bateaux et ou sous marins.

A l’époque, l’ex Union Soviétique avait proposé que les bombes nucléaires restantes en Europe soient retirées de toutes les bases aériennes tactiques et stockées à des endroits loin de ces bases. Le gouvernement américain de l’époque, dont, rappelons-le, le secrétaire d’état à la défense était Dick Cheney l’actuel vice président de l’administration Bush junior, n’a pas donné suite.

Au lieu de cela, les armes nucléaires US sous contrôle de l’OTAN ont été dispersées dans le cadre du nouveau système WS3. Une nouvelle fois l’OTAN a utilisé la possibilité d’un changement pour réaffirmer l’importance d’avoir des armes nucléaires au sein des nations européennes pour assurer leur "sécurité".

Ce faisant, l’OTAN a rejeté toute possibilité de dénucléariser l’Europe.

Source des informations: US Nuclear Weapons in Europe – Hans M. Krostensen / Natural Resources Defense Council, 2005.

H.M Kristensen est consultant auprès de cet organisme et co-auteur du World Nuclear Forces appendix du livre de l’année du Stockholm International Peace Research Institute

Totalité du texte en anglais avec photos, tableaux, graphiques en pièce jointe

Informations traduites et synthétisées par Mireille Delamarre pour www.planetenonviolence.org


Illustration : les bases avec bombes nucléaires opérationnelles sont représentées par un carré. Celles "dormantes" le sont par un rectangle.

Course aux armements dans l'espace: les US font de l'espace leur colonie




forces_nucleaires_US_restantes_en_europe.pdf forces nucléaires US restantes en europe.pdf  (1.06 Mo)


Dimanche 18 Février 2007
Mireille Delamarre

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