société

Alternative au Capitalisme : Economie Participative

Il y a-t-il une vie après le capitalisme ? Cette question a été souvent posée aux mouvements sociaux ces dernières années, de même qu'aux partis politiques dits de gauche, ces derniers se contentant bien souvent d'accompagner le capitalisme rebaptisé néo libéralisme. Oui, il existe une alternative au capitalisme : l'économie participative.



Pawel Kuczynski Pologne 120506 - Copyright www.irancartoon.com
Pawel Kuczynski Pologne 120506 - Copyright www.irancartoon.com

Il y a une Alternative

Dans le capitalisme, les propriétaires ensemble avec environ 1/5 de la population qui ont des postes de responsabilité de haut niveau décident de ce qui doit être produit, par quels moyens, et comment cela doit être distribué. Ce sont les presque 4/5 de la population qui exécutent les tâches les plus pénibles soumis à des salaires inférieurs, obéissant aux ordres, et subissant l'ennui, tout ceci imposé par ceux qui sont au dessus. Comme John Lennon le disait : « dés que vous êtes né, ils vous font sentir votre petitesse, en ne vous donnant aucun temps disponible au lieu de tout le temps. »

Le capitalisme détruit la solidarité, homogénise la variété, oblitère l'équité, et impose une hiérarchie dure. Il est extrêmement lourd en matière de pouvoir et d'opportunisme. Il est extrêmement dur en matière de souffrance et de contrainte. En fait, le capitalisme impose aux travailleurs un degré de discipline bien au-delà de ce que peut rêver d'imposer politiquement n'importe quel dictateur. Qui a déjà entendu parler de citoyens demandant la permission pour aller aux toilettes, une situation habituelle dans bien des entreprises pour les travailleurs.

Les maux du capitalisme ne sont pas dus à des gens anti-sociaux. En fait, les institutions du capitalisme imposent des comportements horribles même aux citoyens les plus sociaux. Dans le capitalisme, comme l'a dit en plaisantant un dirigeant d'une équipe de basket « les gens bien finissent derniers ». De manière plus agressive « les ordures s'élèvent ». Témoin ce que l'on voit à la Maison Blanche à Washington.

L'économie participative ou Ecopar, est une voie alternative pour organiser la vie économique.

L'Ecopar a des revenus équitables, tous les participants ont des moyens, des opportunités des responsabilités. Chaque participant à l'Ecopar a une part équitable de contrôle sur sa propre vie et sur tous les résultats sociaux. L'Ecopar élimine les divisions de classe.

L'Ecopar produit de la solidarité. Même un individu anti social dans une Ecopar n'a pas le choix sauf celui de rechercher le bien être social si il ou elle souhaite prospérer.

L'Ecopar diversifie les résultats et génère une distribution équitable qui rémunère chaque participant en fonction de tout le temps travaillé, de la difficulté du travail, de même que des conditions dures subies au travail.

Dans l'Ecopar chaque personne a son mot à dire sur ce qui est produit, les moyens utilisés pour cela, et comment les productions sont attribuées, tout cela proportionnellement au degré par lequel il ou elle est affecté par ces décisions.

En d'autres termes, Ecopar a des valeurs complètement différentes du capitalisme et pour aller plus loin avec ses différentes valeurs, Ecopar incorpore différentes institutions.

Ecopar à des Conseils de travailleurs et de consommateurs ou les travailleurs et les consommateurs emploient divers modes de discussions, de débats, et de décisions démocratiques. Dans l'Ecopar il n'y a pas d'entreprise propriétaire et de dirigeants décidant des résultats du sommet vers le bas.

L'Ecopar a des « structures d'emplois équilibrés » dans lesquels chaque travailleur accomplit une part équitable combinant la décision et le travail d'exécution, pour que chaque travailleur ait des moyens de décision comparables, au lieu d'avoir 20 % de la main d'oeuvre monopolisant les tâches de décision et 80 % accomplissant les tâches d'exécution. Dans une Ecopar il y a toujours place pour l'expertise. Il y a toujours coordination. Des décisions continuent d'être prises. Mais il n'y a pas de minorité monopolisant les pouvoirs d'information, d'activité et d'accès aux postes de décision, tandis que la majorité est rendue servile en faisant seulement les tâches quotidiennes abrutissantes sans participation aux décisions.

Dans l'Ecopar chaque emploi et tout emploi, ce qui veut dire chaque personne et son travail, inclus un mélange calibré de sorte que chaque participant bénéficie essentiellement de conditions avec prise de décision égale. Une Ecopar n'a pas de classe propriétaire. Elle n'a pas de classe technocratique, dirigeante ou coordinatrice. Une Ecopar a seulement des travailleurs et des consommateurs qui remplissent constamment, en coopération et avec créativité leurs capacités, chaque participant ayant une part équitable d'influence.

L'Ecopar a un système de rémunération pour l'effort et le sacrifice, qui se traduit par une rémunération pour la durée, l'intensité, et la dureté du travail accompli par les personnes. L'Ecopar rejette toute rémunération pour le pouvoir, la propriété, ou même pour le rendement. Au lieu des disparités gargantuesques de revenus et de richesses, l' Ecopar a une juste distribution du produit social.

L'Ecopar abandonne aussi les marchés qui poussent chaque acteur contre tous les autres, détruisent la solidarité, imposent une division de classe, évaluent mal tous les biens publics, ignorent les effets collectifs au-delà de la relation acheteurs vendeurs, violent l'équilibre écologique et la durabilité, et ont aussi de nombreux autres défauts. A la place des marchés, l'Ecopar utilise un système ou les travailleurs et les consommateurs, à travers les conseils qu'ils dirigent eux –mêmes, négocient en coopération les apports et les dépenses pour toutes les entreprises et les acteurs en accord avec des coûts sociaux vrais et complets et les bénéfices des activités économiques.

Dans un court article c'est impossible de donner même un aperçu rapide encore moins un exposé détaillé d'un système économique complètement différent. Je ne peut qu'offrir une brève liste de valeurs de l'Ecopar et de ses institutions. Je sais que c'est bref et vague et difficile pour des lecteurs qui ne sont pas familiarisés de saisir ce qu'est Ecopar. Mais ici nous n'avons pas de place pour une clarification, soutenir un argumentaire ou une discussion détaillée. Mes excuses.

Ce que j'espère cependant, c'est que les lecteurs qui connaissent de par leur propre expérience que les économies capitalistes sont ordinairement la cause des conflits interpersonnels, nous nient le droit d'avoir notre mot à dire sur nos propres vies, ou nous forcent à dominer la vie des autres, distribuent d'énormes dividendes à ceux qui font le plus agréable ou même qui ne travaillent pas du tout, et distribuent de maigres dividendes à ceux qui accomplissent les tâches les moins agréables et le plus gros du travail, trouverons un espoir dans l'Ecopar.

Je peux espérer, en d'autres termes, qu'au lieu d'accepter sans mot dire le Mantra des riches conduisant à la passivité qu' »il n'y a pas d'alternative », nous chercherons tous quelque chose de mieux, au-delà du capitalisme, et que, touchés par nos aspirations nous examinerons méticuleusement l'Ecopar selon ses mérites. Un endroit ou vous pourrez commencer, si vous n'acceptez pas que l'humanité soit pour toujours condamnée à souffrir d'énormes inégalités, et de la hiérarchie via la propriété capitaliste, les multinationales et les marchés, c'est à http://www.parecon.org

Michael Albert 27 juillet 2005. Cet article a été écrit pour le journal allemand Frankfurter Rundschau, publié en anglais sur Znet

Traduction Mireille Delamarre pour www.planetenonviolence.org

Complément d'information

Selon Michael Albert, ce qui l'a poussé à réfléchir et proposer une alternative au capitalisme c'est :

« Et la question pour moi c'était toujours, dés le début en 1968, par quoi le remplaçons nous ? Si nous voulons changer fondamentalement cela, alors on ne doit pas seulement proposer des valeurs meilleures, que les personnes contrôlent leur vie, l'équité, la justice, la diversité, la solidarité, nous devons proposer des institutions qui feront que ces valeurs deviendront réelles. Ainsi donc l'Economie Participative est un modèle…Et donc les institutions clés qui la compose représente une réponse à la question : « que voulez vous ? ».

Cela représente un rejet de l'idée de Margaret Thatcher, la première ministre britannique, résumée par TINA « There Is No Alternative » (Il n'y a pas d'alternative)…Pourquoi passer tant de temps à essayer de trouver une alternative au capitalisme, ou, de même, une alternative au patriarcat, ou une alternative à la division par race et le racisme, ou une alternative à l'autoritarisme - - Pourquoi faire cela ? La raison c'est que dés le début…il m'est apparu qu'il y avait deux obstacles principaux pour une personne donnée pour devenir active pour créer un monde meilleur.

L'un des obstacles c'était l'ignorance de la réalité, l'ignorance de l'injustice. Et c'était l'obstacle majeur dans les années 60. Quand les mouvements des années 60 ont mis à jour les vérités sur le monde qui disaient que les injustices et les souffrances des gens étaient vraiment des injustices, des violations systématiques, les gens se sont mis en colère et cela a permis de développer le mouvement.

Mais il y avait un deuxième obstacle pointant à l'horizon, et c'était le sentiment qu'il n'y avait pas d'alternative. Il y avait ce sentiment que quand les organisateurs disaient « venez vous joindre à nous dans le mouvement contre la guerre du Vietnam » c'était comme de dire à quelqu'un « venez vous joindre à nous pour soufflez contre le vent. Venez nous rejoindre pour s'organiser contre la gravité. Venez nous rejoindre pour s'organiser contre le vieillissement » C'était une tâche sans espoir, non ? Et alors, pourquoi la personne le ferait ? Donc nous avions de plus en plus de preuves contre l'injustice, mais cela n'y faisait rien. C'est comme accumuler des preuves que le cancer fait mal et puis de dire « venez vous joindre à nous dans un mouvement social contre le cancer. » Ce n'est pas les preuves qui sont mauvaises, c'est - - que la personne ressent « ce que vous me demandez est stupide. »

Et entre ces deux obstacles à la participation, il m'a semblé avec le temps que la seconde s'était développée considérablement, la croyance qu'il n'y a pas d'alternative, la croyance qu'il n'y a pas de moyen de gagner…. Thatcher avait raison TINA est un grand obstacle pour construire des mouvements sociaux pour la justice sociale…. »


Extraits d'une interview de Michael Albert sur Democracy Now (wwwdemocracynow.org) du 17 avril 2007.

Traduction Delamarre pour www.planetenonviolence.org

Michael Albert a fondé le Z magazine et son équivalent sur internet, Znet, et est considéré comme l'un des chefs de file de l'Ecopar aux US. Cela fait des décennies qu'il écrit et fait des conférences sur l'Ecopar, cette alternative socio économique au capitalisme. Il est aussi l'auteur de nombreux livres dont « Parcon : Life After Capitalism - Ecopar : Vie Apres le Capitalisme », et le dernier : « "Remembering Tomorrow: From SDS to Life After Capitalism, A Memoir." (SDS = Student for a Democratic Sociéty)

En résumé

L'Economie participative est un système socio économique avec ses propres institutions pour produire, consommer et affecter, et le faire d'une façon qui fait que les personnes ont le contrôle sur leur vie, sont solidaires des autres, reçoivent une part équitable des produits sociaux, un système qui leur donne tout un éventail de possibilités de se réaliser dans leur travail. Les institutions clés qui composent ce système constituent une réponse à la question : « Qu'est ce que vous voulez ? » et un rejet du Thatcherisme, TINA : « There Is No alternative » (Il n'Y a Pas d'Alternative), et de ceux qui l'ont endossé ensuite, y compris au sein de partis politiques de gauche. La pensée unique qui empoisonne la vie politique et introduit la desespérance c'est ce " il n'y a pas d'alternative". La preuve qu'il y en a une.

Mireille Delamarre pour www.planètenonviolence.org



Classe dirigeante mondiale

Wall Street, Irak, et le Dollar en déclin

Dépenses militaires mondiales et commerce mondial des armes





Mardi 24 Juillet 2007

Accueil | Envoyer à un ami | Version imprimable | Augmenter la taille du texte | Diminuer la taille du texte



Dans la même rubrique :

Sarkozie | Le Gaulois La Gauloise Qui Fument | Impérialisme Américain | Colonialisme Sioniste | AméricanoSionisme Collaborations | Monde Arabe | Iran | Asie | Europe - OTAN | Armements Stratégies Militaires | Droit International ONU | société | économie | Medias Propagande | sciences écologie | histoire traditions | archives culture | archives ressources educatives | archives humour | archives informations 1 | archives informations 2


Derniers Articles

inscription à la newletter