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Algérie - Journal de Marche des Familles de Disparus - Bulletin N°2

Bulletin de la Coordination Nationale des Familles de Disparus en Algérie - N° 2 - avril-juin 2006

Nous dédions ce Journal de marche à la mémoire de tous les disparus, de toutes les victimes, sans exclusive, de la barbarie.

Sommaire

Editorial : « Pacification » n'est pas « réconciliation »

Actualités nationales

• Tentative de déstabilisation de la CNFD
• La CNFD et la « Charte pour la Paix et la Réconciliation nationale »
• La CNFD interpelle le président du Parlement européen

Entretien avec Estela Carlotto, présidente de l'association argentine des Grands-Mères de la Place de Mai: « Les familles de disparus en Algérie ne doivent pas baisser les bras !»

Rubrique juridique

Plate-forme de revendications de la CNFD Hommage à Salah Kitouni Actualités internationales

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Algérie - Journal de Marche des Familles de Disparus - Bulletin N°2

Editorial : Pacification n'est pas réconciliation !

Le 29 mars dernier, j'ai rencontré à Paris une grande dame venue d'Argentine. Estela Carlotto, présidente de l'association des Grands-mères de la Place de Mai, donnait une conférence à la Maison de l'Amérique Latine. J'étais très impressionnée par cette femme portant ses 75 ans avec une grâce remarquable. Aussi intimidée qu'une petite fille qui rencontre pour la première fois une princesse, je me suis approchée d'elle pour lui parler de la « réconciliation nationale » en Algérie. « Réconciliation ? », réagit-elle au quart de tour, « c'est un mot que nous avons banni de notre vocabulaire ! Nous ne sommes pas fâchées pour nous réconcilier. Les victimes, c'est nous ! ».

Logique implacable d'une grand-mère de disparu qui a passé ces 29 dernières années à rechercher son petit-fils.

En novembre 1977, sa fille Laura Estela Carlotto a été kidnappée avec son compagnon à La Plata (Argentine). Elle était enceinte de deux mois et demi. Son compagnon a été assassiné durant le premier mois de détention, tandis que Laura est restée en vie jusqu'à son accouchement, le 26 juin 1978. Son bébé, prénommé Guido, lui a aussitôt été arraché. Deux mois après, Laura a été lâchement exécutée sur une route des environs de Buenos Aires. Fait exceptionnel : son corps a été rendu à sa mère le jour même. Depuis, Guido - qui serait aujourd'hui âgé de 28 ans - est porté disparu, tout comme des centaines d'enfants dans son cas. L'acharnement des grands-mères a porté ses fruits puisque 82 d'entre eux ont, à ce jour, été retrouvés. Et l'assassin de Laura, le général Suarez Masson, a été condamné en Italie.

Comment peut-on donc parler de « réconciliation » dans un tel contexte ? Pire qu'une insulte, c'est un déni d'humanité ! Et tout comme l`Argentine à l'époque de la dictature, l'Algérie n'est pas en reste. La « Charte pour la paix et la réconciliation nationale », votée tambours battants en septembre dernier, suivie de l'ordonnance du 27 février 2006, illustre bien la façon dont les Algériens sont traités par leurs gouvernants. Pas mieux, finalement, que les Palestiniens ! Que disent en effet ces textes ? En résumé, que les « disparus » et autres victimes de la guerre - désignés d'une façon sibylline comme « victimes de la tragédie nationale » - sont sommés de disparaître à nouveau, comme les enterrés sous X qui peuplent les fosses communes des cimetières d'Algérie. La mort civile des familles de disparus est tout simplement orchestrée. En leur fermant tout recours à la justice et en leur interdisant de s'exprimer, on les précipite dans une amnésie judiciaire par « euthanasie » légalisée de leur mémoire. Ce qui revient à les contraindre au suicide ! Les Palestiniens n'ont pas été mieux traités par les occupants sionistes ! Ces derniers ont tout simplement décrété une loi sur la propriété foncière qui leur a permis de déposséder les « indigènes » en leur niant leurs droits légitimes. Il a suffi, en effet, de décréter les terres vacantes suite à l'absence fortuite de leurs propriétaires pour s'en emparer... Sauf que les paysans palestiniens fuyaient les massacres organisés par les milices sionistes, comme à Deïr Yassin ! C'est ainsi que, de propriétaires, ils sont devenus « propriétaires absents » puis propriétaires « absents-présents » - c'est-à-dire présents mais dont l'accès à leur terre est interdit.

En Algérie, faire le deuil des disparus est désormais interdit ! Les décrets d'application de la «Charte pour la paix et la réconciliation nationale» sont en effet un vrai casse-tête kafkaïen pour les familles. On aura désormais les disparus déclarés morts, les disparus morts mais légalement encore vivants, et les vivants civilement morts !

« Réconcilier » signifie par ailleurs rétablir l'accord entre deux parties belligérantes de forces équivalentes. En Algérie, la guerre était, comme en Palestine, totalement asymétrique. Alors "rétablir l'accord" entre qui et qui ? Entre un criminel fantomatique puisque non identifié - sauf par le peuple - et des victimes traumatisées et brisées ? Entre un régime arrogant qui s'avoue responsable - puisqu'il reconnaît le principe d'indemnisation - mais pas coupable, et une grande catégorie de la population contrainte à une auto-amnésie culpabilisante ? Et que dire de ce machiavélisme qui consiste à corrompre massivement le peuple algérien par le truchement d'un plébiscite « pour la Paix ! » tout en lui déniant tout droit à la Justice ?

N'est-ce pas là le meilleur moyen de le rendre complice de la terreur d'Etat et ainsi, de provoquer frustrations et désir effréné de vengeance dans la génération qui est née ou a grandi durant cette sale guerre ? Un formidable vivier pour le terrorisme, aussi bien en Algérie qu'en Occident. A croire que l'histoire bégaie ! Car de même que l'Etat français parlait des «événements d'Algérie» et de « pacification » pour masquer la véritable nature de ce qui avait été déclenché le ier novembre 1954 - c'est-à-dire une guerre de libération - l'Etat algérien nous parle aujourd'hui de « tragédie nationale » pour masquer ce que l'on pourrait appeler une guerre préventive d'épuration. Autrement dit, une guerre totale menée contre un ennemi intérieur dont « l'agression criminelle sans précédent » visait « dans ses sinistres desseins (...) à remettre en cause l'Etat national lui-même » (cf. projet de Charte pour la Paix et la Réconciliation Nationale). Un devoir quasi-sacré, et donc dangereux car criminogène !

Chaque folie se nourrit par définition de sa propre logique. Mais la réalité reprend toujours ses droits, y compris malheureusement par la violence quand l'injustice est trop criante. Car il en va des sociétés comme des personnes. L'oubli et la culpabilité n'ont jamais été facteurs d'apaisement. Bien au contraire ! Car le retour du refoulé est encore plus destructeur que le mal qu'on prétend endiguer en occultant la vérité. Surtout par une « pacification » qui ne dit pas son nom !

Rabha Attaf journaliste indépendante

Le Bulletin N° 2 est en pièce jointe

Note

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Pour lire le bulletin précédent - pdf

Journal_de_Marche,_N_2,_avril_juin_2006_(version_internationale).pdf Journal de Marche, N°2, avril-juin 2006 (version internationale).pdf  (646.03 Ko)


Mardi 30 Mai 2006
Mireille Delamarre

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