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Agitations Aux Frontières, Menaces Hystériques Israéliennes Contre Le Liban : Guerre Psychologique Ou Situation Explosive ?

Les troupes de l'UNIFIL s'entraînent à quitter d' urgence le Liban, l'armée israélienne rêve de prendre sa revanche après sa cuisante défaite de l'été 2006, et le Hezbollah promet de bombarder Tel Aviv si Israël bombarde Beyrouth. Qui va allumer la mêche? Obama est aussi perçu par certains Sionistes comme une menace.



Agitations Aux Frontières, Menaces Hystériques Israéliennes Contre Le Liban : Guerre Psychologique Ou Situation Explosive ?

Le Long De La Frontière Bleue Entre Le Liban Et La Palestine - Première Partie : Cerner les menaces existentielles d'Israël

John Brennan, conseiller sur le terrorisme auprès de la Maison Blanche, 03/08/09 :

"Les deux cas que vous avez cités, le Hamas et le Hezbollah, sont des cas intéressants. Le Hezbollah a significativement évolué avec le temps. Et actuellement il a des membres au parlement, au cabinet ministériel, des avocats, des médecins et d'autres font partie de l'organisation du Hezbollah. Je suis content de voir que les militants du Hezbollah renoncent en fait au terrorisme et à la violence et essaie de participer au processus politique d'une manière tout à fait légitime. Je pense que ce que nous avons fait c'est de montrer à la fois au Liban et aux Palestiniens que nous, les Etats Unis, avons la volonté de discuter et d'instaurer un dialogue avec toute organisation ou groupe qui visent en fait à trouver des solutions pacifiques à des problèmes existants. Et je pense que ces éléments à l'intérieur du Liban, que ce soit le Hezbollah ou d'autres, savent que les US ont essayé d'être un médiateur honnête, fournissant un soutien aux institutions libanaises." Obama est convaincu de cela.

Brennan m'avait dit (avant d'occuper une position dans l'administration Obama, mais alors qu'il était conseiller en chef de ce dernier pour les affaires de renseignements), que discuter avec le Hezbollah et le Hamas était ce qu'il fallait faire.

Selon Robert Dreyfus, éditeur et contributeur du Nation Magazine, 09/08/09 :

" c'est de nouveau tendu le long de la ligne bleue, trois ans après la 5ème guerre contre le Liban. Le brigadier Gl, Alon Friedman, a dit au Times de Londres lors d'une interview cette semaine que les tensions à la frontière entre Israël et le Liban pourraient "exploser à tout moment".

Si on devait prendre en compte les myriades de menaces récentes de ces trois dernières semaines contre le Liban et contre le Président Obama des responsables israéliens et des agents d'AIPAC au sein du Congrès, essaimant récemment autour de la Palestine, cela pourrait surprendre qu'on rappelle combien les étés chauds dans cette région peuvent rapidement se transformer en fournaise.

Il y a eu des mouvements d'allées et venues de troupes israéliennes au Sud de la frontière avec le Liban et dans et en dehors du village de Ghajar et des fermes de Shabaa, ce qui a provoqué un mouvement des forces de l'armée libanaise en direction de la frontière avec Israël tandis que les forces du Hezbollah dans les parages reste en alerte maximum.

Selon Hilal Khashan, directeur du département d'études politiques et d'administration publique à l'Université américaine de Beyrouth, c'est clair que les Israéliens sont entrain de se préparer à une reprise des hostilités. Pendant toute cette année passée, leurs déclarations sur le Hezbollah se sont amplifiées. Ils sont entrain de révéler à la communauté internationale leurs intentions. Ils veulent mener une autre guerre contre le Hezbollah.

Intensification des menaces

le 13/08/09,le Président israélien Shimon Peres a intensifié les qualificatifs agressifs et les menaces, disant au colons de Kyriat Shmona, à portée de voix des villages libanais, que le Hezbollah était "un fléau".

Peres, entouré d'un puissant service de sécurité, a accusé le parti de "détruire" le Liban et "d'amener la calamité sur le pays et son peuple par son obéissance à l'Iran. Peres a bravement donné des conseils aux habitants lors du 60ème anniversaire de la ville alors qu'elle continue de perdre ses habitants qui craignent un futur incertain, leur enjoignant de ne pas fuir Kyriat Shmona car la dissuasion israélienne a été restaurée. Selon des sources des renseignements du Hezbollah, peu nombreux étaient ceux ayant assisté au discours qui se sont sentis rassurés.

Plus à l'Ouest, l'UNIFIL qui depuis qu'elle a mis les pieds au Liban le 18 Mars 1978 a perdu 272 soldats, ne veut subir ce que la direction considère comme une explosion imminente. L'UNIFIL vient juste de terminer une semaine entière d'exercices d'entraînement à faire les paquets et partir du Liban selon le quotidien kowaiti, al Rai al-Aam. Dés que les tirs commenceront, les forces de maintien de la paix ont prévu une évacuation en 96 heures maximum, si Israël s'abstient de bombarder l'aéroport Hariri de Beyrouth. Sinon, les quelques 13000 troupes de plus d'une douzaine de pays quitteront le Liban évacués par des bateaux français et allemands les américains garantissant la sécurité d'une voie de passage. Ni Israël, ni le Hezbollah ne critiqueront le départ par mer d'UNIFIL, persuadés chacun qu'ils sont à la solde de l'autre, tandis qu'ils ignorent les violations de la résolution 1701 du CSONU de l'adversaire.

L'attitude de certains villageois du Sud est résumée dans un commentaire du Muktar, Issam Majed, du village de Khirbet Silm, comme l'a rapporté la semaine dernière Robert Fisk :" quand les Israéliens nous tirent dessus à l'artillerie ou par mer, les soldats de l'ONU comptent les violations et c'est tout... Puis quand une explosion se produit ( de munitions non explosées ou d'armes cachées) cela remonte jusqu'au Conseil de Sécurité de l'ONU à New York".

La colère des villageois libanais du Sud s'est intensifiée quand comme cela est arrivé cette semaine au village de Toulin ( pour le 60ème aniversaire des conventions de Genève visant à protéger les civils des conséquences de la guerre) Abbas Aawali, 13 ans, et son frère Hussein de 10 ans ont été blessés par l'explosion d'une bombe à sous munition tandis qu'ils rassemblaient du bois de chauffage, un vestige de la guerre de Juillet 2006. Les enfants sont les dernières victimes des bombes à sous munitions au Liban qui jusqu'à ce jours ont tué et bléssé au total 273 civils et 57 démineurs.

Pour défendre l'UNIFIL, Andrea Teneti, vice porte parole d'UNIFIL a expliqué que "nous avons des violations quotidiennes du territoire libanais (par des avions israéliens) nous avons demandé maintes fois au gouvernement israélien d'arrêter de violer la résolution de l'ONU. Comment pouvons nous les forcer à arrêter ?"

Pourquoi cette hystérie d'Israël et pourquoi maintenant ?

La plupart des menaces israéliennes contre le Liban sont directement liées à sa prise de conscience qu'il a mené 5 invasions du Liban ( 1978, 1982, 1993, 1996, Juillet 2006) et que s'il en tente une autre ce pourrait être la dernière.

Certains contacts du Hezbollah prédisent que la prochaine guerre israélienne contre le Liban n'aura pas lieu avant plusieurs mois, mais admettent que personne ne peut en être sûr. Certains stratégistes militaires du Hezbollah s'attendant à ce que des troupes israéliennes essaient d'aller jusqu'à Saida au Nord et d'occuper la région et essayer de détruire le Hezbollah dans le Sud. "Ils seront complètement détruits" m'a dit Hussein mon mécanicien moto et ami. "Comment peuvent-ils être aussi stupides ? Les Sionistes devraient avoir tirer la leçon de la guerre de Juillet 2006 que quelque soit la dureté de leur attaque contre nous, cela n'affectera pas les capacités militaires du Hezbollah et de l'armée libanaise. Moi et mes amis nous rêvons de les combattre à nouveau. Cette fois avec des armes qui vont les choquer."

Le Premier Ministre d'Israël, Netanyahou, le ministre de la défense Ehud Barak, le chef d'état major le lt Gl Gabi Ashkenazi, le commandant de l'armée israélienne le Maj Gl Ido Nehustan, le vice ministre des affaires étrangères, Danny Ayalon, et d'autres responsables israéliens continuent de lancer des salves de menaces contre le gouvernement du Liban, utilisant un langage du type : "si on touche à un seul cheveu d'un touriste ou diplomate israélien partout dans le monde, alors le gouvernement libanais portera la responsabilité des graves conséquences." Tandis que, peut être pour influencer la formation du nouveau cabinet ministériel libanais, les porte parole israéliens affirment qu'Israël n'avait pas frappé assez durement les infrastructures libanaises lors de l'été 2006, des responsables israéliens affirment que Tel Aviv utilisera toute sa force dans la prochaine guerre.

Dan Meridor le ministre des services secrets israéliens a dit à la radio israélienne cette semaine que le Hezbollah était en train d'acquérir et d'installer sous influence et avec l'aide de l'Iran des systèmes balistiques et autres systèmes de toutes sortes et nous devons détruire leurs stocks avant qu'ils ne nous détruisent.

Le quotidien israélien à grand tirage , Maariv du 12/08/09 a publié sur toute sa couverture une histoire citant un " haut responsable de la défense" comme disant qu'Israël croyait qu'une frappe militaire pourrait perturber ce qu'il a dit être un programme d'armement nucléaire iranien ayant des ramifications pour le Liban. Bien qu'on n'en parle pas publiquement, des rumeurs ont circulé comme quoi le Hezbollah possédait déjà au moins trois " bombes catastrophiques".

Sous la photographie du Premier Ministre Netanyahou assis dans le cockpit d'un F-15l, avion de combat longue distance, le Maariv a cité l'officier ( identifié par la suite comme étant le maj gl Ido Nehushtan) disant qu'Israël pourrait mener une telle frappe sans l'autorisation des US mais que le temps manquait déjà pour que l'armée de l'air israélienne soit efficace.

Pendant ce temps, le 11 Août, le ministre de l'intérieur Eli Yishai, a averti la Maison Blanche qu'Israêl continuera à développer ses plans de construction d'une enclave de colonies près de Jérusalem malgré les objections américaines avec l'assentiment de son collègue, le porte parole du parlement israélien (Knesset), Reuven Rivlin, et a ajouté que "si nous ne construisons pas là bas,les Palestiniens le ferons. Alors quel choix avons nous ?"

Des menaces visant l'opinion publique en interne ?

Des récents articles parus dans les médias israéliens maintiennent la population en alerte. Certains d'entre eux publiés il y a peu ont révélé à un public déjà capricieux les informations suivantes des "services secrets" :

Le Hezbollah a comploté des attaques contre des cibles israéliennes, le rôle politique du Hezbollah est juste une couverture, le Hezbollah peut maintenant frapper Tel Aviv, des cellules du Hezbollah essaient de semer le chaos en Egypte, le gouvernement libanais a une véritable relation de partenariat avec le Hezbollah, le Hezbollah dominera le cabinet ministériel libanais, le Hezbollah a érigé des postes de commande au Venezuela, il envoie maintenant des agents pour des missions d'espionnage dans des pays voisins, le Hezbollah a investi beaucoup de temps et d'effort à planifier des attaques contre des Israéliens et des cibles juives en Argentine, au Brésil, en Uruguay, au Paraguay, et au Perou ( Yediot Haaronot du 12/08/09), les agents du Hezbollah opére un front dans les zones industrielles en Israël liées à l'industrie du pétrole, et le Hezbollah a établi des cellules dormantes partout dans le monde, un grand nombre déguisées en organisations charitables etc....

Pendant ce temps là le bureau du contre terrorisme du conseil national de la sécurité israélien a publié des alertes pour les voyageurs mettant en garde que le Hezbollah prévoit de kidnapper des hommes d'affaires israéliens se rendant dans des pays d'Amérique Latine, pour les ramener au Liban.

Barak Obama, une cible majeure israélienne

Selon des sources à Washington, le ciblage politique et psychologique du Liban et du Hezbollah est moindre par rapport à ce qu'ils réservent au Président Barack Obama. Quelques semaines avant qu'Obama ne dévoile publiquement son plan de paix pour le Moyen Orient, certains à Tel Aviv et le Lobby d'Israël aux US paniquent et viennent juste de lancer une salve de menaces et d'initiatives politiques visant la Maison Blanche.

Ne vous y trompez pas la paranoïa israélienne toujours croissante s'alimentant de menaces existentielles place Obama devant l'Iran, le Hezbollah et le Hamas. Le Président américain est maintenant l'ennemi public N°1, selon l'ambassadeur libanais pour les droits de l'homme, Ali Khalil.

L'ambassadeur Khalil a ajouté qu'ils regardent Obama et voient Jackson, Sharpton, Farrakhan, Rev. Williams et les professeurs Khalidi, Finkelstein et Chomsky. Ils considèrent Obama comme l'ennemi majeur des plans israéliens pour continuer l'occupation et l'étendre.

Ce n'est pas parce que le candidat Obama n'a pas régulièrement encensé et fait des génuflexions devant le Lobby d'Israël pendant sa campagne présidentielle d'un an. Il a fait ce que presque tous les plus de 40 000 candidats en Amérique font régulièrement lors d'une élection, lorsqu'ils postulent pour un mandat public, de la Maison Blanche au simple poste d'agent de fourrière dans Jennings Lodge dans l'Oregon, il a félicité Israël comme étant l' indispensable allié permanent des Américains.

Le Candidat Obama et Israël :

"La relation spéciale des US avec Israël nous oblige à les aider à trouver des partenaires crédibles avec qui ils peuvent faire la paix, tout en soutenant le droit d'Israël a se défendre contre des ennemis qui ont juré de le détruire", faisant remarquer qu'Israël a de vrais ennemis dangereux.

Le Président Obama a renouvelé ceci en Avril 2009 quand il a dit qu'il espérait travailler avec Israël à la défense d'intérêts communs, dont la réalisation d'une paix raisonnable au Moyen Orient, assurant la sécurité d'Israël, et renforçant la relation bilatérale, pour les mois et années à venir.

Un mois plus tard, en Mai 2009, Obama a réaffirmé qu'Israël est un fidèle allié des US. "Nous avons des liens historiques, des liens émotionnels. comme seule exemple de démocratie au Moyen Orient, c'est une source d'admiration et d'inspiration pour le peuple américain. C'est dans l'intérêt de la sécurité nationale US de faire en sorte que soit maintenue la sécurité d'Israël comme état juif indépendant."

Certains au sein du Lobby d'Israël aux US n'en croient pas un mot.

Pratiquement depuis le début qu'il a pris ses fonctions le 31 Mars dernier, le Premier Ministre israélien, Benjamin Netanyahou, est dans une relation de confrontation avec l'administration Obama. Le premier but de Washington c'était d'obtenir l'acceptation par le dirigeant israélien de la création d'un état palestinien, ce dernier ayant soutenu le contrôle israélien sur la Cisjordanie et l'expansion des colonies juives là bas pendant des années. Netanyahou a fini par accepter tout en imposant des conditions telles que cela voulait dire qu'en fait il n'était pas du tout d'accord.

Franklin Lamb est chercheur au Liban - 15/08/09 - fplamb@sabrashatila.org

Source et Copyright : www.almanar.com.lb












Dimanche 16 Août 2009
Mireille Delamarre titre introduction traduction


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