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Affaire Dreyfus à l’Israélienne :l'Affaire Bishara

Comme Dreyfus en son temps, Azmi Bishara, parlementaire arabe palestinien de Nazareth, qui vient de démissionner, est accusé de trahison, d’avoir fourni des informations à l’ennemi en juillet 2006 (au Hezbollah). Les «preuves» de ces accusations portées contre lui sont fournies par le Shin Bet (Shabak) police secrète israélienne, connue pour pratiquer la torture et monter des dossiers d’accusation bidon, comme dans tout régime totalitaire.



Affaire Dreyfus à l’Israélienne :l'Affaire Bishara

Israël : Affaire Bishara, une Affaire Dreyfus à l’Israélienne

Bref retour sur l’affaire Dreyfus

Fin 1894, accusé de trahison pour intelligence avec l'ennemi et de transmission de documents secrets compromettant la défense nationale, le capitaine Dreyfus, polytechnicien, juif et alsacien, est traduit devant le Conseil de Guerre, tribunal militaire, condamné au bagne à vie et déporté sur l'île du Diable. En 1898 le nom du vrai traître est rendu public, le commandant Esterházy, qui est traduit en Conseil de guerre en tout début d’année. Mais, protégé par l'État-major, qui ne veut pas perdre la face, Esterhazy est acquitté. Malgré les tractations de l'armée pour étouffer cette affaire, le premier jugement condamnant Dreyfus est cassé par la Cour de cassation au terme d'une enquête minutieuse, et un nouveau procès a lieu à Rennes en 1899. Mais contre toute attente, Dreyfus est condamné une nouvelle fois, à dix ans de travaux forcés, avec circonstances atténuantes. Il bénéficiera d’une grâce présidentielle. Il faudra attendre 1906, pour que son innocence soit officiellement reconnue. Dreyfus avait en fait servi de bouc émissaire dans une France affaiblie par une défaite dans sa guerre contre l’Allemagne, secouée par une vague d’antisémitisme, et cela avec la complicité d’une presse qui s’est véritablement déchaînée contre lui.

Pour Azmi Bishara, également visé par les mêmes chefs d’accusation auxquels le Shin Bet a rajouté celui de blanchiment d’argent, l’environnement politico médiatique israélien est lui aussi agité par la chasse au bouc émissaire après la cuisante défaite de l’armée israélienne battue par le mouvement de la résistance libanaise du Hezbollah en 2006, une décomposition politique interne sans précédent dans l’histoire du sionisme, avec un président poursuivit pour viol, un ministre des finances pour détournement de fonds et un premier ministre en voie de l’être pour malversations financières. Et ce n’est là que la partie émergée de l’iceberg. De plus, avec une population juive israélienne majoritairement raciste et qui le manifeste en répondant à plus de 50% dans les sondages pour la déportation des arabes palestiniens autochtones et citoyens israéliens, Azmi Bishara n’a aucune chance de pouvoir bénéficier d’un procès équitable.

Dés le début, comme pour Dreyfus, les medias israéliens se sont acharnés contre lui, aucun n’a mis en doute la version officielle des accusations, les dés sont pipés, le Shabak y a veillé. Actuellement, A. Bishara séjourne en dehors d’Israël, mais la police militaire israélienne a d’ors et déjà prévenu que dés son arrivée en Israël, il serait arrêté, et ils envisagent même de lancer un mandat d’arrêt international contre lui. Azmi Bishara a prévu de rentrer, mais lorsque la situation intérieure sera plus calme, ce qui implique que pour le moment il est en exil forcé, exil qui risque de durer quelques mois.

En effet, la Commission Winograd, chargée d’analyser la défaite de la Guerre au Liban en 2006, vient de rendre son rapport intérimaire, particulièrement sévère concernant les responsabilités de l’ex chef d’état major de l’armée israélienne, Dan Halutz, accusé de s’être conduit de façon irresponsable voire impulsive, du ministre de la défense Amir Peretz, à qui elle reproche son incompétence dans l’exercice de ses fonctions, et du premier ministre Ehud Olmert, lui aussi accusé d’incompétence. Peretz comme Olmert sont accusés d’avoir céder au dictat de l’armée sans même exiger de se voir présentés d’autres plans. Le cabinet ministériel qui a voté majoritairement pour la guerre, est lui aussi accusé d’avoir céder aux pressions de l’armée. Et ce n’est que le rapport intérimaire. La Commission Winograd doit rendre son rapport définitif en juillet, et il risque d’être beaucoup plus sévère voire de préconiser des démissions. Cette semaine, jeudi, une grande manifestation a eu lieu à Tel Aviv, rassemblant entre 150 000 et 200 000 personnes, qui ont demandé la démission d’Olmert et de Peretz.

La situation intérieure en Israël est donc politiquement très instable et Azmi Bishara, en restant à l’extérieur, fait preuve de beaucoup de sagesse. Il mérite le soutien de tous les démocrates, tous les antiracistes. Le sionisme est aux abois, et comme à chaque fois qu’il l’est, il fabrique de toute pièce une « grosse affaire ».

Azmi Bishara nie bien sûr toutes ces accusations. (Voir interview ci-dessous)

Le député secrétaire général du Hezbollah, le Sheikh Naim Kassem a nié samedi que son organisation ait reçu des informations venant d’Azmi Bishara pendant la seconde guerre du Liban. Dans une interview accordé à Al Jazeera et diffusé samedi soir, Kassem a affirmé que les accusations israéliennes concernant les contacts secrets et continus de Bishara avec des agents de renseignement du Hezbollah étaient fausses. Il a nié également tout soutien financier. Il a accusé Israël de vouloir faire porter la responsabilité de sa défaite contre le Hezbollah à Bishara.

Le Hezbollah possède ses propres réseaux de renseignement particulièrement efficaces, qui maîtrisent bien l’hébreu et pour cause, certains ont passé des années dans les prisons israéliennes (pendant la deuxième guerre du Liban en 2006, ils espionnaient les conversations téléphoniques des portables des soldats israéliens par exemple), et via internet ont accès à des tonnes d’information, qui peuvent devenir « stratégiques » en temps de guerre, et qui sont tout simplement fournies notamment par des sites israéliens. Pas besoin d’un Azmi Bishara, ou de quelqu’un d’autre pour cela.

Dans une interview accordée à Democracy Now Azmi Bishara s’explique brièvement

La police israélienne accuse donc Bishara de trahison et d’espionnage. Il aurait soi disant eu des contacts avec le Hezbollah pendant l’attaque israélienne contre le Liban. Les médias israéliens disent que les conversations téléphoniques de Bishara auraient été placées sous écoute, avec l’accord de la Haute Cour de Justice, et que de là viendraient les preuves des accusations à charge contre lui.

Azmi Bishara soutient inconditionnellement les droits des palestiniens dans les territoires occupés mais aussi ceux vivant en Israël. Ce n’est pas la première fois qu’il est confronté à des accusations venant des autorités israéliennes. Il y a 5 ans, il avait déjà était accusé de soutenir le « terrorisme » suite à des propos tenus en public en soutien à la résistance du Hezbollah. Un an plus tard, la commission pour les élections en Israël lui avait interdit de se présenter aux élections du parlement israélien, mais cette décision avait été révoquée.

Ecrivain, homme politique et orateur de talent c’est aussi un grand démocrate qui défend par des moyens pacifiques et légaux l’idée d’un Etat pour tous ses citoyens quelque soit leur appartenance ethno religieuse, à la place de l’état sioniste qui ne peut se revendiquer d’être à la fois juif et démocratique tant qu’un groupe sera privilégié à cause de son appartenance religieuse.

Actuellement, Azmi Bishara est donc confronté à un défi majeur. Accusé de trahison et d’espionnage, il risque en rentrant dans son pays la prison à vie voire la peine de mort (qui n’existe pas en Israël mais peut être prononcée à titre exceptionnel). Il explique sa décision d’avoir quitté Israël pour le moment.

Extraits de l’interview d’Azmi Bishara réalisé par téléphone d’Abu Dhabi, et retranscrite sur Democracy Now 04.05/07 www.democracynow.org

Azmi Bishara : « j’ai décidé de ne pas attendre et de ne pas me cacher derrière mon immunité parlementaire et de faire face à cette affaire selon mes propres règles et de ne pas attendre qu’ils le fassent. Donc pour ne pas créer l’impression que je me cache derrière mon statut de membre du parlement ou mon immunité, etc… J’ai moi-même démissionné. Et je veux donner une chance à mon parti de travailler au sein du parlement avec deux membres et non pas trois. »

A propos de son départ d’Israël et de sa démission du parlement :

«…Les deux décisions n’ont rien à voir en fait avec les accusations. Je me sentais déjà épuisé par le travail parlementaire - - 11 ans. Des années très très intenses, et je voulais consacrer plus de temps à la philosophie et la littérature, à mes livres, et aussi à un travail politique mais pas au sein du parlement. C’est un endroit particulièrement épuisant. Et je pense que mon travail était très intensif et très créatif. Et les outils sont là et chacun peut les utiliser. Je pense que les partis devraient changer leurs députés au moins 2 ou 3 fois. J’ai fait cela. Mais en fait j’ai repoussé ma démission à cause des accusations, pendant un mois ou deux, après avoir eu connaissance qu’ils avaient commencé l’enquête.

Et j’ai quitté le pays pour participer à deux ou trois conférences à l’étranger, dont une d’Al Jazeera commentant le Sommet Arabe. Et puis j’ai entendu qu’une campagne était menée contre moi dans la presse israélienne, et sur les plans en question, dont les paroles du commandant israélien des services secrets - - l’ancien commandant disant à la TV qu’ils avaient décidé de mettre fin au phénomène Azmi Bishara et toutes ces choses, et ce type, vous savez, de campagne totalitaire sans aucune opposition dans la presse israélienne, orchestrée comme les premières semaines de guerre, quand Israël s’engage dans des guerres, au début des guerres. Donc j’ai pensé que je devais ralentir un peu et penser.

Ils ont changé totalement les règles du jeu. Maintenant ils ne m’accusent plus de soutenir l’Etat des citoyens ( : un Etat pour tous ses citoyens quelque que soit leur religion, appartenance ethnique…. ndlt ) contre le caractère Sioniste de l’Etat, ou il ne m’accuse plus de dire des choses. Ils m’accusent de faire des choses. C’est complètement différent. En fait, ils m’accusent de crimes touchant à la sécurité, dont il est, selon la loi israélienne difficile de se disculper, parce que c’est leur arène. Ils peuvent apporter les preuves qu’ils veulent provenant de sources non identifiées des renseignements. Ils peuvent en fait imposer de nouvelles choses que vous n’avez pas fait et interpréter vos relations. Par exemple, ils peuvent déclarer que tout journaliste ou tout ami avec lequel vous parlez au Liban ou à Londres ou en Egypte, est un agent étranger. Et c’est ainsi, selon la loi israélienne. Les Tribunaux de Sécurité sont très différents des Tribunaux Civils, bien qu’ils soient formellement des Tribunaux Civils. Mais les règles du jeu y sont totalement différentes, à cause du type de preuve utilisée pour convaincre le Tribunal. Et donc j’ai pensé que c’est en fait très mesquin, au lieu d’affronter mon travail politique et idéologique, qu’ils s’en réfèrent à des outils sécuritaires avec lesquels il est très, très difficile de rentrer en compétition… »


Azmi Bishara s’est également exprimé dans un article publié dans le Los Angeles Times dans lequel il compare sa situation à l’Affaire Dreyfus. L’animateur de Democracy Now lui demande d’expliquer la comparaison au cours de l’interview :

« … Dans une époque de défaite la France a cherché un bouc émissaire, et la chose la plus facile à faire c’était de blâmer quelque d’une minorité, et c’était la façon la plus simple de faire diversion face à la frustration nationale contre le gouvernement à cause d’une défaite de guerre contre l’Allemagne. Ils s’en sont pris à un officier - - bien sûr je ne suis pas un officier, et j’essaie de ne pas être un israélien, alors que Dreyfus essayait d’être un français loyal. Je suis un palestinien, c'est-à-dire je me considère comme un autochtone- - dont l’identité est arabe palestinienne.

Mais la similitude est dans le moment choisi et le fait que les medias sont unis au sein d’une telle campagne orchestrée contre un bouc émissaire. Il existe une frustration nationale claire en Israël. Leur programme politique de désengagement en Cisjordanie et à Gaza a échoué. Leur armée contre le Hezbollah a en fait perdu. Et tout le moral, toute l’humeur du pays est bas et amère. Et donc, laissez moi dire, l’industrie de l’opinion publique devait détourner l’attention vers quelqu’un à blâmer.

Mais en fait, la sécurité israélienne a commencé à travailler contre mon cas il y a quelques années - - contre moi il y a quelques années, parce qu’ils ne pouvaient pas supporter qu’il y ait un arabe palestinien qui essaie de prendre le discours démocratique libéral de leurs mains et l’utilise contre eux. Ils ne sont pas habitués à ce fait, qu’il y ait un nationaliste arabe, nationaliste palestinien, qui utilise un discours démocratique de citoyenneté et de libéralisme etc… Ils ont commencé à travailler il y a quelques années avant le moment choisi pour la guerre. Je me réfère en fait au moment choisi par les medias et les politiciens, qui est lié avec leur besoin de détourner l’attention dans ma direction… »


Concernant son séjour à l ‘extérieur et ses projets éventuels de retour pour affronter les accusations :

«…Nous sommes entrain d’étudier les choses. Habituellement, les gens qui sont accusés de ces choses dans le Tiers Monde, et les dirigeants de mouvements nationaux dans le Tiers Monde, ne capitulent pas de cette manière ; ils ne se laissent pas accuser. Le problème c’est la procédure qu’ils veulent mener en Israël. Ils veulent mener une procédure pour que les gens aux US et en Europe, libéraux et démocrates, puissent voir, vous savez, qu’il n’y a pas de démocrate arabe qui soit pour la citoyenneté et la démocratie, en fait, tous sont des collaborateurs qui fournissent des informations, en fait fournissent des informations à des mouvements terroristes, spécialement des islamistes etc… Ne croyez pas un arabe s’il vient et dit qu’il est un démocrate ou qu’il est séculier ou qu’il est pour l’égalité etc.… Et ils ont leurs preuves, qui sont des interprétations de toutes sortes sur des relations personnelles et des amitiés, qu’ils voudraient que je justifie là bas comme si j’étais un petit suspect, pas comme un dirigeant ou un intellectuel etc…

Cette sorte d’arène qu’ils créeront, nous pensons … moi et mes avocats et chacun là bas, pense que ce ne sera pas, ce ne peut jouer en notre faveur, parce que c’est leur arène et leur discours, et je devrais jouer à l’intérieur de leur discours. En fait, par le passé, j’ai joué à l’intérieur du discours démocratique libéral, mais jouer à l’intérieur du discours sécuritaire, c’est très, très difficile pour un palestinien à l’intérieur d’Israël.

L’autre message qu’ils veulent envoyer, c’est en fait d’intimider les arabes en Israël par ces accusations et par le verdict du tribunal, montrer que ce chemin mène à ce résultat. Donc en fait, ce que nous voulions éviter c’est ce type de règles du jeu. Habituellement, nous ne sommes pas menés par les règles du jeu qu’ils établissent, mais nous essayons les nôtres. Donc ce que nous faisons maintenant, c’est de rester à l’extérieur et de réfléchir à quoi faire jusqu’à ce que la campagne médiatique se calme, se dissipe, et alors nous pouvons penser à ce que nous ferons et comment et quels seront les termes de mon retour.

Bien sûr, l’exil n’est pas du tout une option pour moi. Habituellement je vis - - à l’intérieur d’Israël dans les conditions les plus dures. Je n’ai pas quitté mon pays. J’ai déjà comparu deux fois devant des tribunaux et j’ai gagné. Mais cette fois je sais très bien. Je pense que les israéliens eux-mêmes savent, et ils le disent en fait, que cette fois quand ils vont dans ce coin, cette arène des accusations sécuritaires, c’est très difficile pour eux d’envisager de perdre. Ils ont préparé les dossiers avec des rapports des services secrets que vous ne pouvez pas contester. Vous ne pouvez pas contester leurs sources d’information. Je suis particulièrement désolé qu’ils soient allés aussi loin, parce qu’ils ont perdu la campagne politique et idéologique. Eux-mêmes ont dit il y a quelques mois, que mes idées politiques sont tellement hégémoniques maintenant dans la rue politique arabe et elles se sont tellement répandues qu’ils ne peuvent pas les combattre sauf d’utiliser le Shabak, qui est la police secrète israélienne. »



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Dimanche 6 Mai 2007
Myriam Abraham

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