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Accord nucléaire Bush/ Inde : Bush et l’Inde relancent la course à l’armement nucléaire

"Ce qui se passe, c’est qu’avec cet accord, les Etats-Unis sont devenus les plus grands proliférateurs de technologie nucléaire..., la seule différence c’est que les Etats-Unis pratiquent une prolifération sélective" selon le professeur Chinoy spécialiste en désarmement nucléaire



Accord nucléaire Bush/ Inde : Bush et l’Inde relancent la course à l’armement nucléaire

Accord nucléaire Bush/ Inde : Bush et l’Inde relancent la course à l’armement nucléaire

L’accord entre Bush et le gouvernement indou fait de Bush un supporter de la prolifération nucléaire au même titre que le gouvernement indou qui a abandonné sa politique de non-prolifération.

Ceux qui font campagne pour que l’Asie du sud soit débarrassé du nucléaire sont effrayés par la perspective cauchemardesque qu’implique l’accord sur le nucléaire conclu entre le président américain Bush et le premier ministre indou Manmohan Singh.

Cet accord ne fait que compliquer encore plus une situation déjà difficile dans le sud de l’Asie où deux états rivaux, l’Inde et le Pakistan, possèdent l’arme atomique. Selon le Dc N.D Jayaparakash qui dirige le Mouvement pour le Désarmement Nucléaire en Inde, une organisation qui compte parmi ses membres des scientifiques et intellectuels de renom :

"Ce qui est triste, c’est qu’il n’a pas été tenu compte du fait que les armes nucléaires ne sont en sécurité dans aucune main, et maintenant, au lieu d’un débat sur le désarmement, on va entendre la clameur amplifiée des pays demandant qu’eux aussi soient autorisés à avoir des armes nucléaires".

Le Pakistan, ou Bush a terminé sa tournée de 4 jours en Asie du Sud, a été le premier à demander un accord similaire d’accès à la technologie nucléaire civile du fait qu’il était lui aussi à court d’énergie d’origine fossile (pétrole).

Mais au cours d’une conférence de presse à Islamabad, Bush a écarté un tel accord avec le Pakistan. "Nous avons discuté du programme nucléaire civil et je lui (Musharraf) ai expliqué que le Pakistan et l’Inde sont deux pays différents, avec des besoins différents, et des histoires différentes" a déclaré Bush.

"Ce qui se passe, c’est qu’avec cet accord, les Etats-Unis sont devenus les plus grands proliférateurs de technologie nucléaire" a commenté le professeur Anuradha Chinoy, spécialiste en désarmement à l’Université de Jawaharlal Nehru, "la seule différence c’est que les Etats-Unis pratiquent une prolifération sélective".

Pour Chinoy, l’accord va à l’encontre des objectifs de désarmement nucléaire mondial, et fera que les pays aspirant à avoir l’arme atomique et ayant essuyé un refus pour entrer dans le club privilégié de ceux qui en ont, essaieront par tous les moyens de les obtenir, comme on le voit avec le Pakistan, la Corée, et l’Iran. L’Iran a déjà accusé les Etats-Unis et l’Inde de deux poids deux mesures, et soulèvera certainement cet argument si l’AIEA réfère le programme nucléaire iranien devant le Conseil de Sécurité.

Pire selon Chinoy, les Etats-Unis et l’Inde sont partenaires dans la violation du droit international en ne demandant pas l’accord de l’AIEA et du groupe des 45 pays fournissant du combustible atomique (Nuclear Suppliers Group NSG) avant de se mettre d’accord pour ce transfert de combustible nucléaire et de technologie nucléaire.

Les deux organisations : l’AIEA et le NSG sont des institutions de l’ONU.

En Inde, les medias ont célébré cela comme une victoire des négociateurs indous qui ont réussi écarter les inspections internationales des centres de production d’armes atomiques indoues tout en ayant ainsi par cet accord offert à l’Inde la possibilité d’accéder à une technologie nucléaire de pointe.

De plus, l’Inde a toujours refusé de signer le TNP parce qu’elle estimait qu’il était discriminatoire (favorisant les puissances nucléaires existantes au détriment de celles qui n’ont pas d’arme nucléaire). L’Inde, qui a fabriqué l’arme atomique de manière clandestine, tout comme Israël avant, et le Pakistan , a mené des essais en 1974 qui ont aussitôt été condamnés par la communauté internationale et lui ont valu des sanctions. L’Inde a fait à l’époque ce que les Etats-Unis accuse l’Iran de faire actuellement. L’Inde a utilisé le plutonium produit par un réacteur nucléaire fourni par le Canada à des fins de production nucléaire civile, pour faire exploser une bombe qu’elle a alors appelé "un engin nucléaire pacifique". Nixon, président des Etats-Unis et le Congres américain ont alors renforcé les lois américaines contre la prolifération et c’est aussi à cette époque qu’à été crée le NGS. Mais L’Inde, défiant la communauté internationale a continué son programme nucléaire militaire et civil, et est devenu un état possédant l’arme nucléaire en 1998 procédant alors à toute une série de nouveaux tests. L’Inde a refusé d'arrêter sa production d’armes nucléaires ce que s’étaient engagés à faire les USA, la France, la Russie, la Chine, la Grande Bretagne.

Selon le premier ministre indou Singh, pour l’accord nucléaire USA Inde, l’AIEA et le NSG formuleront des garanties spécifiques pour l’Inde. Actuellement, selon les règles du NSG, celui-ci ne peut fournir de technologie nucléaire pouvant être utilisée à des fins civiles et militaires à l’Inde puisqu’ l’Inde n’accepte pas toutes les garanties de l’AIEA concernant les centrales nucléaires.

Mais, pour l’instant, le directeur de l’AIEA, ElBaradei, qui rappelons le cherche depuis deux ans à prouver que l’Iran développe un programme nucléaire militaire et ce pressé par l’administration américaine, s’est félicité de cet accord le décrivant "comme faisant partie des efforts actuels pour consolider le régime de non prolifération, combattre le terrorisme nucléaire et renforcer la sécurité du nucléaire". C’est à croire qu’il vit sur une autre planète et c'est tout particulièrement inquiétant de la part du directeur général de l’AIEA.

L’Inde a été autorisée à classer 8 de ces 22 réacteurs existants comme militaire les tenant ainsi à l’abri des inspections de l’AIEA et c’est le gouvernement indou, lui et lui seul, qui décidera si les futurs réacteurs à construire devront être classés militaire ou civil. Un tiers des réacteurs nucléaires indous échappent ainsi au contrôle de l’AIEA et Bush a promis que l’AIEA conduiraient des inspections "spécifiques" à l’Inde. Le programme nucléaire militaire indou est de facto reconnu et accepté, et les USA vont fournir du combustible nucléaire accroissant les réserves indoues et rendant son utilisation possible à des fins militaires. Ainsi, si cet accord est ratifié par le Congres américain, ce qui n’est pas encore sûr, l’Inde serait à même de produire plusieurs douzaines de bombes nucléaires alors qu’actuellement sa production avoisine les 6 à 10. Actuellement, l’Inde a suffisamment de plutonium pour 75 à 110 bombes nucléaires. Ce sont là des estimations car on ne connaît pas les capacités exactes de l’Inde en matière d’armement nucléaire.

Plus important encore, l’Inde a été autorisée à garder la totalité de son programme de réacteur à particules accélérées sur la liste de ceux classés comme militaires. Avant même que Bush ne débarque en Inde, Singh avait assuré le parlement indou que ce programme développé secrètement par le Département à l’Energie Atomique indou ne serait en aucun cas compromis. Ainsi, il sera possible pour les scientifiques indous de produire du combustible pour fabriquer des armes nucléaires sans qu’ils soient contrôlés puisque ce programme est sur la liste militaire. Le site où est mis au point ce programme comprend aussi un centre travaillant au nucléaire pour équiper les sous marins indous et il est probable que l’Inde ne tiennent pas à ce que les inspecteurs de l’AIEA viennent y regarder de prêt.

Cet accord entre Bush et l’Inde doit encore être approuvé par le Congres américain ce qui nécessitera l’abrogation ou la révision de certaines lois américaines importantes notamment celle appelée "US Non Prolifération Act".

Des rumeurs circulent déjà sur une aide technologique possible au Pakistan par la Chine pour son programme nucléaire, alors que la Chine avait cessé dans les années 90 de fournir de tels services, après que les USA aient fait pression, les accusant de violer le TNP. La Russie qui aide actuellement l’Iran pourrait aussi, une fois entrée à l’OMC (son entrée ne dépend plus maintenant que de l’accord des Etats-Unis) se montrer plus conciliante vis-à-vis du programme nucléaire iranien.


En France, le président Chirac a approuvé cet accord et pour cause : la France est l’un des premiers producteurs de combustible nucléaire (et de retraitement) avec la Russie et le Canada. Ces pays font déjà la queue pour offrir leurs services de fournisseurs à l’Inde (Chirac, avant Bush l’a fait), et seront rejoints par les Etats-Unis si les néo conservateurs réussissent à faire voter ce projet par le Congres américain.

De ce fait, l’Inde contribue directement à relancer la course à l’armement nucléaire, ayant réussi à faire légitimer son programme militaire et civil développé clandestinement, ce qui succitera nul doute d'autres "vocations" pour les pays désireux d'accéder au nucléaire . Si les gouvernants ne font rien parce que complices, les citoyens qui luttent contre la prolifération nucléaire et pour le désarmement, ont toujours comme moyen de pression de consommer éthique autrement dit, de boycotter les produits étiquetés "made in India".


Source Inter Press Service/www.antiwar.com article de Ranjit Devraj journaliste et pacifiste indou 6/03/06 et Pacific Forum CSIS, article de DC J. Cirincione directeur pour la non prolifération à l’Institut Carnegie Washington DC intitulé « The US’s nuclear cave-in »


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Mercredi 8 Mars 2006
Mireille Delamarre

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