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Accord Irak US : Les US Ont Gagné La Premiere Manche Mais Tout Va Se Jouer Au Parlement Irakien

Le gouvernement irakien a entériné l'accord légalisant l'occupation US mais c'est au Parlement que tout va se jouer le 24 Novembre, la majorité des Irakiens shi'ites et sunnites sont contre.



Les US ont gagné la première manche en Irak

Sigle Unité US D'hélicoptères d'Attaque Combattant en Irak
Sigle Unité US D'hélicoptères d'Attaque Combattant en Irak
Suite à la ratification par le cabinet du texte de l' Accord de Statut des Forces avec les Etats Unis règlementant la présence US en Irak, le premier ministre Nuri al-Maliki a eu énormément de mal à convaincre les irakiens que le pacte est " au mieux de leurs interêts". Cependant, dans son fort intérieur, avec l'Iran regardant par dessus son épaule, il se pourrait qu'il mise sur un rejet du pacte par le Parlement.

Dimanche, 38 ministres, dont Maliki et ses deux vices premiers ministres, ont finalement signé le texte de l'accord controversé de sécurité avec les US.Sur le fond, il dit que les 152 000 soldats US ont jusqu'au 30 juin 2009 pour se retirer des cités et villes partout en Irak, et jusqu'au 31 décembre 2011 pour se retirer complètement du pays ravagé par la guerre. Le Parlement votera la semaine prochaine pour soit accepter soit rejeter le pacte tel quel sans pouvoir apporter de changement.

Le Président Jalal Talabani a essayé à la dernière minute, via l'ambassadeur US Ryan Crochker, d'obtenir du président Bush plus d'amendements au texte pour qu'il puisse le présenter au peuple irakien" la tête haute" mais sans résultat. Après avoir déjà fait des concessions, Bush semblait satisfait avec le texte et est determiné à ce qu'il soit signé avant la fin de son mandat en Janvier.

Apparemment Maliki a accepté l'actuel texte après avoir mis l'accent sur la date limite de retrait fin 2011, et ayant fait en sorte que les soldats US s'ils commettent des crimes sur le territoire irakien puissent être poursuivis selon la loi irakienne. La totalité du texte n'a pas été publié mais les paramètres généraux inclus un mandat de 10 ans pour les US pour garantir la sécurité de l' Irak, en échange du droit d'utiliser le territoire irakien, les ressources en eau, l'espace aérien, y baser et entraîner des troupes et stocker des équipements militaires. En plus des 50 bases US, l'arrangement éxige une supervision américaine à long terme du ministère de l'intérieur et de la défense.

Ceci donne aux Américains le droit presque exclusif de reconstruire l'Irak, entraîner ses forces et maintenir leur personnel militaire sur le territoire irakien. Cela donne aux US le droit d'arrêter ou persécuter tout irakien travaillant contre ses interêts, à l'intérieur de l'Irak, et les engagent à protéger l'Irak de toute guerre, coup ou révolution. Cela donne également aux US le contrôle de l'espace aérien irakien.

Le vice premier ministre Barhan Saleh a dit que les Américains avaient menaçé de geler pas moins de 50 milliards de dollars de reserves irakiennes et de conserver toutes les dettes d'argent irakiennes envers les US si un accord n'était pas signé avant Décembre, date à laquelle le mandat de l'ONU sur la présence américaine en Irak expire.

La plupart des Irakiens - à la fois Sunnites et Shi'ites- s'opposent avec véhémence à ce pacte, de même que son voisin l'Iran. Le Grand Ayatollah en Irak Ali Sistani a demandé au gouvernement Maliki de réfléchir par deux fois avant d'engager l'Irak dans un accord que les Irakiens de base considérent comme un "pacte d'humiliation".

Le dirigeant shi'ite, Muqtada al-Sadr, a appelé ses fidèles à établir une nouvelle milice appelée le "Jour du Jugement" pour faire échouer l'appilication du pacte US. Après être arrivé au pouvoir en 2005, Maliki s'est évertué à se défendre contre les accusations d'être une marionnette US, disant : " je me considère comme un ami des US, mais je ne suis pas l'homme de l'Amérique en Irak".

Il essaie actuellement de vendre l'accord - qu'il n'a pas soutenu dès le premier jour - comme étant au mieux des interêts de l'Irak. Il argumente en disant que les Emirats Arabes Unis ont un traité de défense opérationnel avec les US depuis 1994 qui permet à 2 000 membres de l'armée US de rester sur le territoire de l'EAU. Le Qatar a un accord avec les US depuis 1992.

Mis à part les membres de son cabinet, peu accepte son argument, certainement pas les Iraniens, qui sont furieux de la ratification de Dimanche. Les Iraniens affirment que l'accord est une menace sécuritaire directe en général pour la région et en particulier pour l'Iran. Les ennemis traditionnels des US tels Abdul Aziz al-Hakim, président du SIIC, Supreme Iraqi IslamicCouncil, (Conseil Islamique Supreme Irakien) et Muqtada se sont activé ces dernieres semaines pour faire pression sur Maliki pour qu'il ne signe pas.

Le premier à avoir manifesté publiquement et dénoncé violemment l'accord c'est l'Ayatollah Kazem al-Hairi basé à Qom, une autorité religieuse tres influente dans les affaires domestiques irakiennes à l'égal de Sistani. Il a publié un décret religieux - une fatwa - interdisant la ratification d'un tel accord bien avant que des déclarations semblables aient été faites à Najaf, la ville sainte shi'ite en Irak.

Une source irakienne qui a demandé à conserver l'anonymat à dit à Asia Times Online, " je n'ai jamais fait confiance à Nuri al-Maliki. Après lui avoir serrer la main je comptais mes doigts. Bien que nous n'ayons aucune preuve pour le moment, c'est clair que plein d'argent a été généreusement distribué la semaine dernière à Bagdad, pour être sûr que tout le cabinet - sans exception- ratifie le texte de l'accord avec les Etats Unis. Un jour cela émergera des archives US actuellement classées secrètes, peut être dans 30 ans".

Les pièces du puzzle ont commencé à se mettre en place, a-t-il ajouté, " nous réalisons maintenant pourquoi aucun effort sérieux n'a été fait pour ramener au sein du cabinet Maliki les ministres démissionaires du bloc sunnite, l'Iraqi Accordance Front, ou du bloc Shi'ite de Muqtada al Sadr. Maliki savait que s'ils étaient à leur poste ils auraient certainement rejeté l'accord au sein du cabinet ministériel."

Beaucoup en Irak n'accepte pas tout simplement l'arguement que Maliki est un homme faible qui ne peut pas dire "Non" aux diktats américains. Et même s'il l'était, ils affirment qu'il aurait été plus honorable pour lui de démissionner que d'enchaîner le pays à un accord à long terme avec un pays que tous les Irakiens considèrent comme une force d'occupation.

Toute l'attention se porte dorénavant sur les 275 sièges du Parlement, qui peuvent entériner ou rejeter le pacte de sécurité.Le partie de Maliki, United Iraqi Alliance, qui déteint 128 sièges, votera probablement l'accord. Cela ne s'appliquera pas aux 44 membres de l'Accordance Front ou aux parlementaires du bloc de Sadr. Dans ce qui paraît comme une décision cruciale, le Parlement doit encore décider quelle majorité est nécessaire pour que le pacte soit ratifié.

Ce qui s'est passé Dimanche en Irak c'est en fait une guerre d'influence entre l'Iran et les US. C'était une lutte pour l'Irak. Cependant, ce n'est pas clair si Maliki a dit "Oui" à l'accord après avoir consulté l'Iran, où s'il a agi contre la volonté de ses patrons iraniens. Cette derniere hypothèse est improbable, étant donné les liens forts du premier ministre avec les Iraniens et son engagment fort en soutien au nationalisme shi'ite.

Les Iraniens ont probablement réfléchi qu'il serait préférable que Maliki approuve l'accord, et puis travaille à ce qu'il soit rejeté ou sapé au sein du système irakien. Cela vaut mieux que de le voir chassé du pouvoir par les Américains et remplacé par quelqu'un qui coopérera avec Washington et snobera les mollahs de Téhéran.

Au moins, Maliki a la capacité d'oeuvrer sur la corde raide tendue entre les deux capitales et ne travaille pas contre les interêts iraniens en Irak. Maliki et ses alliés ont perdu une bataille contre les US Dimanche. Ils n'ont pas perdu la guerre. Le fait que le cabinet signe le pacte ne veut pas dire qu'il sera approuvé par le Parlement le 24 Novembre, le premier ministre pouvant penser que c'est là que l'héritage de G.W Bush en Irak expirera.

Damas - Sami Moubayed 18/11/08 - www.atimes.com - Sami Moubayed est éditeur en chef de Forward Magazine en Syrie.

Titre Introduction Traduction Mireille Delamarre pour www.planetenonviolence.org

Note

Une traduction non officielle de l'accord (arabe - anglais) a été faite.

Traduction en anglais

Lundi 17 Novembre 2008


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