Colonialisme Sioniste

25 Mai 2000 : Jour de Résistance et de Liberation au Liban, Date de la Première Grande Défaite du Colonialisme Sioniste au Moyen Orient

Cette date marque le retrait des troupes coloniales sionistes du Sud Liban et la victoire de la Résistance Libanaise. Retour sur des évènements qui ont marqué la fin de l'hégémonie militaire sioniste au Moyen Orient, ont permis au Monde Arabe d'enregistrer sa première grande victoire et de rompre avec le fatalisme qui le dévorait en même temps que la colonisation sioniste.



Evacuation d'un soldat israélien blessé au Liban juillet 06 - Xinhua/AFP
Evacuation d'un soldat israélien blessé au Liban juillet 06 - Xinhua/AFP

Bref rappel des faits jusqu'en 1996.

Jusqu'en juin 1981, des escarmouches sur la frontière libano israélienne opposent régulièrement l'armée sioniste et la résistance palestinienne de l'OLP installée au Sud Liban. Euphorique après son bombardement en juin 1981 de la centrale nucléaire irakienne d'Osirak, l'armée israélienne lance une offensive contre la résistance palestinienne au Liban intitulée «Paix en Galilée». Officiellement il s'agit de s'assurer le contrôle d'une bande de 40 Km pour empêcher la résistance palestinienne de pilonner les positions israéliennes frontalières et le Nord du pays. Mais, après que l'armée syrienne, présente au Liban, eut signé un accord de cessez le feu, l'armée israélienne se retrouve aux portes de Beyrouth et mène un siège cruel de la partie Ouest de la ville là où la Résistance Palestinienne et le Mouvement National Libanais combattent côte à côte alors que les Phalangistes prêtent main forte à l'envahisseur sioniste. La ville est affamée, assoiffée, bombardée sans relâche avec des bombes au phosphore, à fragmentation au napalm, à implosion.

Ce n'est que le 7 août qu'un accord est trouvé, les combattants de l'OLP acceptent de quitter Beyrouth. Les départs s'échelonnent jusqu'au 30 août 1981 sous protection d'un contingent franco italien. Tandis que Yasser Arafat et ses derniers combattants quittent Beyrouth, les troupes israéliennes, sous le commandement du Général Sharon, y pénètrent. Les 16 et 17 août, les Phalanges libanaises, avec la complicité active de l'armée israélienne, massacrent des milliers de Palestiniens à Sabra et Chatila. L'armée israélienne se replie ensuite vers le Sud qu'elle occupe pendant trois ans. Mais, face à la résistance populaire massive organisée par le Hezbollah, elle se replie à nouveau à l'exception d'une zone dite de «sécurité» et doit désormais affronter la résistance acharnée du Hezbollah.


Circonstances qui ont précédé le retrait humiliant de l'armée israélienne en 2000.

L'armée israélienne avait déjà enregistré une défaite cinglante lors de son opération «Raisins de la Colère» au Liban en avril 1996, provoquant la chute du Premier Ministre travailliste de l'époque, Shimon Péres, non réélu lors d'élections remportées par son rival du Likud, Benjamin Netanyahu. Ce dernier, soucieux de redorer le blason de l'armée sioniste paralysée par les tirs de Katyushas du Hezbollah, adopte un slogan prometteur : «Le Liban d'Abord». Son objectif est de porter un coup sévère à la Résistance Libanaise, puis d'obtenir des garanties de sécurité de la part de la Syrie et du Liban comme démarches préliminaires à un retrait total de la dite «zone de sécurité» au Sud Liban. Netanyahu veut mettre la pression sur le Hezbollah pour qu'il stoppe sa guerre d'attrition au Sud Liban.

Netanyahu soutient une offensive terrestre pour pénétrer dans des zones abritant des combattants du Hezbollah. Mais les unités d'élite sionistes, Givati et Golani, et même l'unité d'élite sioniste la mieux entraînée, Egoz, ne peuvent tenir plus d'un an face à la Résistance Libanaise. L'armée israélienne ayant échoué lors de ses offensives terrestres, Netanyahu fait appel aux hélicoptères pour transporter des troupes spéciales là où se trouvent les combattants du Hezbollah. En février 1997, deux hélicoptères israéliens se télescopent dans la zone frontalière avec le Sud Liban, provoquant la mort de 73 soldats des troupes spéciales. Nouvel échec pour l'armée sioniste. Désormais Netanyahu a recours aux unités de la marine israélienne. Là aussi choisissant des soldats d'unités d'élite, il ordonne une opération de grande ampleur à partir de la ville côtière du Sud, Ansariyyeh. Mais la Résistance Libanaise pilonne les soldats sionistes et l'opération se termine pratiquement juste après qu'elle ait commencé. Ces échecs successifs au Sud Liban coûtent sa place de Premier Ministre à Benjamin Netanyahu lors des élections de 1999. Ehud Barak, candidat du Parti Travailliste est élu avec sur son agenda le « Retrait du Liban » prévu le 7 juillet 2000.

Un retrait peut se faire de deux façons différentes : soit un retrait unilatéral sans garanties et c'est là une véritable défaite, soit un retrait dans le cadre d'un accord entre les deux parties sur la base de garanties d'ordre sécuritaires pour celles-ci. Pour Barak la deuxième possibilité était plus prometteuse et avait sa faveur.

Mais comme d'habitude, Washington s'en est mêlé. La diplomatie US prend l'initiative : un sommet tripartite entre la Syrie, les US et Israël a lieu à la ferme de Shepherdstown dans l'Ouest de la Virginie. Le président syrien Hafez el-Hassad insiste pour lier tout retrait israélien du Liban à un retrait israélien de la totalité du Golan syrien. Pour Barak, frustré, le prix à payer est trop élevé. L'engagement de Barak auprès de l'électorat israélien à se retirer du Sud Liban est devenu un véritable cauchemar. Barak a alors recours à l'indéfectible allié des sionistes, l'Armée du Sud Liban du collaborateur libanais Antoine Lahd.



Effondrement de la Milice de Lahd

Début 2000, les officiers de la milice pro israélienne d'Antoine Lahd sentent des changements à leur égard dans les comportements du commandement militaire israélien. L'Armée du Sud Liban (ASL) avait servi comme armée supplétive pour appliquer les plans militaires et sécuritaires d'Israël au Sud Liban. Ils sont désormais autorisés – comme partenaires – à participer aux réunions des officiers israéliens pour mettre sur pied des stratégies pour protéger le flanc nord d'Israël. Ce changement d'attitude provoque certains soupçons chez les officiers de l'ASL. Ils apprennent bientôt que l'armée israélienne va se retirer et que l'ASL devra assurer la sécurité du Sud Liban jusqu'à ce qu'un accord soit signé. Autrement dit ils devraient affronter la Résistance Libanaise.

Le Hezbollah suit avec intérêt les nouveaux développements en cours et décide qu'il est temps de mettre les collaborateurs en face de leurs responsabilités : soit ils déposent les armes volontairement, soit ils le font contraints et forcés. Des hauts responsables de la collaboration tels Jalbout, Hussein Abdul Nabi et Fawzi Saghir, sont frappés. Puis il y a les évènements du 31 décembre 1999. Une explosion dans la soit disante « zone de sécurité » frappe les collaborateurs du Ladhi et provoque l'effondrement de cette milice. Le collaborateur Akl Hashem est liquidé alors qu'il était seul (sa liquidation avait à plusieurs reprises été annulée au dernier moment du fait de la présence de sa femme et son fils à ses côtés). L'opération choque et surprend le haut commandement israélien qui de suite ordonne à ses soldats de rester cachés dans leurs positions fortifiées jusqu'à ce qu'une solution soit trouvée. Mais le Hezbollah bombarde sans relâche les fortifications sionistes, la situation devient intenable, des soldats israéliens sont tués. Le 8 février 2000, en représailles, l'aviation israélienne bombarde des infrastructures civiles en profondeur au Liban. La Résistance Libanaise décide d'amplifier ses opérations, et le 4 avril nouvelles représailles de l'aviation israélienne. Mais le Hezbollah répond en bombardant la ville/colonie sioniste de Kiryat Shmona au Nord d'Israël. Barak, toujours sous la pression de sa promesse de retrait, place sur une ligne de sécurité d'une zone réduite les miliciens du collaborateur libanais Robin Abboud, et ordonne aux officiers de l'armée israélienne de rassembler tout ce qu'ils peuvent et de se préparer à un retrait pour ne pas perdre la face.

La Résistance Libanaise, après estimation de la situation sur le terrain, définit un plan en trois axes :

Leitmotive: provoquer encore plus de panique tout en évitant de verser le sang inutilement
Arme : un moral au plus haut
Direction : la ville de Ghandouriyyeh au Sud.

Le 21 mai 2000, la ville située en bordure de la zone de sécurité s'est retrouvée être le point de départ d'une marche populaire dans la zone occupée. La ville voisine occupée de Qantara est libérée. D'autres villes tombent aux mains de la Résistance les unes après les autres. Pendant ce temps, Les hommes de la milice de Ladh occupaient toujours leurs baraquements fortifiés avec à disposition des armes de défense ultra modernes. Les civils sud libanais réalisent qu'ils peuvent commencer à marcher en direction de la ville de Taybe ignorant comment cela peut se terminer. Quelques minutes plus tard, une grande explosion retentit : la Résistance Libanaise y a fait sauter la garnison fortifiée et l'a détruite.



L'Armée du Sud Liban abandonnée et humiliée par les sionistes à la Porte de Fatima

Le 22 mai 2000, les villageois du Sud continuent de rester vigilants malgré la nouvelle de la destruction de la garnison fortifiée de Taybe. Quelques heures plus tard, des habitants des villages du Sud, Houla, Tallousa, Markaba, Mays el-Jabal, et d'autres villages, se trouvent confrontés à deux possibilités : soit entrer de force avec l'aide des combattants de la Résistance, mais il est fort peu probable que les soldats sionistes et leurs collaborateurs de la milice de Lahd les laissent faire, étant donné la position géographique de ces trois villages à proximité de la frontière. Deuxième possibilité, la marche de libération s'arrête à Taybe et le reste des autres villages feront alors partie d'une mini zone de sécurité à la merci des miliciens de Ladh.

Les collaborateurs paniquent en apprenant la destruction de la garnison de Taybe et certains se rendent à la Résistance. Le lendemain matin la milice de Ladh s'effondre. Des miliciens paniqués essaient de trouver refuge de l'autre côté de la frontière en espérant que les israéliens leur seront gré de 25 ans de collaboration et loyaux services de l'ASL. A la grande surprise des collaborateurs, Israël refuse de les laisser entrer sur son territoire. Humiliés les collaborateurs de l'ASL supplient les soldats israéliens de les laisser traverser la Porte de Fatima.« Israël nous a trahi. L'Armée Israélienne et l'ASL ne faisaient qu'un…Et nous avons pensé qu'ils était possible d'être amis avec Israël, nous les avons aidé sur notre territoire. Pendant 25 ans nous avons été du côté d'Israël. » Le neveu d'un haut responsable de l'ASL, Akl Hashim, lui-même un collaborateur milicien à l'ASL s'est ainsi plaint «nous mangions ensemble, nous combattions ensemble, nous allions aux enterrements ensemble. Nous étions vos alliés. »

La marche pacifique de libération se répand dans le secteur centre et atteint d'autres villes. A Odaiseh, les collaborateurs paniqués tirent sur un habitant alors qu'il ouvre le chemin devant la marche pacifique. Des voitures attendant dans le secteur ouest reçoivent des instructions de pénétrer dans le secteur centre et on annonce la libération de Beit Hanoun, Kounin , Rshaf et Blat. Tandis que les Libanais du Sud célèbrent la libération de leurs villes et villages, la Résistance Libanaise annonce la mort de 7 de ses combattants tombés en protégeant les habitants dans leurs villes dont ils avaient été séparés de force pendant des années. Les jours suivants seront décisifs.

Première défaite israélienne depuis le début du conflit arabo - israélien.

Le 4ème jour de la Libération, les prisonniers du centre de détention de Khiam, connu pour avoir été un centre de torture sous supervision sioniste, se dirigent vers la capitale Beyrouth, plus précisément vers Haret Hreit, dans sa banlieue Sud. Une grande fête y est organisée sur la place Shoura où le Secrétaire Général du Hezbollah, Sayyed Nasrallah, célèbre la première grande victoire de ce type depuis le début du conflit arabo – israélien.

« Nous sommes rassemblés ici pour célébrer la liberté dont nous nous sommes nous-mêmes emparés ; ce n'était un cadeau de personne, ni d'Israël, ni du collaborateur lâche qui s'est enfui, Antoine Ladh, ni de l'ONU, ni du Conseil de Sécurité, ni de la Communauté Internationale, tandis que les israéliens ont rassemblé des journalistes pour photographier leur dernier soldat humilié sortant de notre terre, et fermant la porte derrière lui. » «Ce qui est arrivé aujourd'hui ce n'était pas un retrait total. Une partie de notre terre est encore occupée (les Fermes de Shebaa) et des Libanais sont encore dans les prisons israéliennes » a-t-il ajouté.

Comme tout évènement d'ampleur historique, ce 25 mai 2000, Jour de la Résistance et de la Libération, a laissé un impact politique et social au Liban, dans la région et dans le monde. Au Liban, les 22 ans de frustration due à l'occupation israélienne et la violation du droit international, se sont métamorphosées en croyance qu'eux, Libanais, avaient eu assez de force pour faire échouer le plan de subordination de leur pays à une puissance coloniale étrangère et son protecteur américain. Le concept de résistance à l'occupation s'était avéré efficace, alors que certains avaient douté au début de son efficacité.

Selon certains analystes, la Libération du Liban a certainement joué un rôle important dans le déclenchement de la deuxième Intifada en Septembre 2000, alors que les négociations de paix entre israéliens et Palestiniens s'étaient enlisées au profit de la colonisation sioniste.

Le 25 Mai est célébré par la Résistance Libanaise comme le jour de Résistance et de Libération, un jour de fierté et de gloire que le gouvernement collaborateur de Saniora a supprimé du calendrier des fêtes nationales en 2006.

6 ans après cette défaite et ce retrait, Israël qui s'est embarqué dans une nouvelle guerre contre le Liban, a reconnu sa deuxième défaite en 2006, face à la Résistance Libanaise, après une guerre de 33 jours qui a fait plus de mille morts, principalement des civils libanais, semé la destruction sur toutes les infrastructures civiles libanaises, et littéralement tapissé le Sud Liban de mines antipersonnelles que sont les bombes à fragmentation.

A la veille de ce huitième anniversaire de la première grande défaite du colonialisme sioniste contre la Résistance Libanaise, celle-ci, ainsi que de nombreux Libanais honnêtes, viennent de déjouer il y a quelques jours, un complot américano sioniste pour provoquer une guerre civile au Liban.

Les Libanais ont montré et continuent de montrer au monde entier, et en particulier au monde arabe, que tout Mouvement de Résistance au colonialisme finit par triompher parce qu'il défend une cause juste. La Résistance Libanaise doit être saluée et soutenue.

Synthèse faite à partir d' informations contenues dans plusieurs articles parus récemment sur le site Al Manar TV sous l'intitulé « May 25 ; Resitance and Liberation Day »

Le site anglais d'Al Manar TV : http://www.almanar.com.lb/NewsSite/News.aspx?language=en

Le Hezbollah at-il déjoué une attaque Bush/Olmert sur Beyrouth ?

La politique de Bush au Moyen Orient réduite à néant

Dimanche 25 Mai 2008
Mireille Delamarre

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